PROUST (Adrien) [attribué à]. Productions littéraires du Vendredi.

Paris,
1862-1865.
75 livraisons en un vol. in-4 (290 x 220 mm), de 4 pp. chacune, bradel demi-percaline verte, non rogné (Faligant).

5 000 

Paris, , 1862-1865.

75 livraisons en un vol. in-4 (290 x 220 mm), de 4 pp. chacune, bradel demi-percaline verte, non rogné (Faligant).

Productions littéraires du Vendredi constitue une collection exceptionnelle — et vraisemblablement unique — d’un journal littéraire et satirique d’étudiants parisiens, imprimé en lithographie entre 1862 et août 1865, et demeuré jusqu’ici inconnu des bibliographies. Publiée chaque semaine, la revue est imprimée successivement par plusieurs lithographes parisiens : Declercke (67, rue des Saints-Pères), Proust (51, rue du Four Saint-Germain), puis Dufour et Véron (14, rue Chanoinesse) pour les cinq derniers numéros. Les bureaux du journal se déplacent au fil des années, de la rue Sainte-Catherine à la rue Mazarine, puis rue de l’Échiquier, suivant la géographie mouvante de la bohème étudiante sous le Second Empire. L’ensemble est richement illustré d’environ cinquante compositions lithographiées à pleine page — portraits caricaturaux et scènes humoristiques — auxquelles s’ajoutent plusieurs figures insérées dans le texte. La majorité des dessins est signée Lancien, aux côtés de Brigandhomme ou Surhomme. Chaque livraison se divise en deux parties : la première réunit poèmes, chansons, chroniques, causeries, théâtre et variétés ; la seconde est consacrée à des romans-feuilletons inédits, au premier rang desquels les Fragments des mémoires d’un étudiant, publiés de manière continue jusqu’au n° 47 (4 décembre 1863), sur environ cent cinquante demi-pages, offrant un tableau à la fois ironique et mélancolique de la vie étudiante parisienne. Le journal est dirigé par un rédacteur signant H. Piston, explicitement qualifié de médecin, et figure centrale de la publication. Auteur d’un grand nombre de poèmes, d’articles et du principal feuilleton, il apparaît comme le véritable moteur intellectuel et littéraire de la revue. Un poème intitulé Vive Piston (n° 4) célèbre son rôle, tandis qu’un portrait gravé publié le 18 avril 1863 porte la légende : « C’est Piston, cher lecteur, président sans égal, Médecin, bon ami, mais Garde national ! ». Autour de lui gravitent divers collaborateurs aux pseudonymes fantaisistes — M. Tranckill, Clyso, P. Pompier, Bajulaz ou Satan — eux-mêmes parfois portraiturés. Aucun numéro ne mentionne explicitement le nom d’Adrien Proust (1834-1903). Toutefois, plusieurs éléments concordants autorisent une hypothèse d’attribution prudente : la désignation constante de H. Piston comme médecin à une période correspondant exactement aux études puis à la soutenance de thèse d’Adrien Proust (1862) ; la ressemblance frappante entre le portrait gravé de H. Piston et les portraits photographiques connus d’Adrien Proust jeune ; enfin, le fait que la revue ait été imprimée, pour une partie, par Marie Vincent Proust, lithographe, rue du Four Saint-Germain, né à Illiers-Combray en 1806. La revue Productions littéraires du Vendredi constitue un document de premier ordre sur la vie intellectuelle, humoristique et littéraire du milieu étudiant parisien sous le second Empire. Elle pourrait bien représenter la seule trace connue de l’activité littéraire de jeunesse d’Adrien Proust, restée jusqu’ici totalement ignorée, et offrir un chaînon inattendu entre la bohème des carabins et le milieu intellectuel dans lequel naîtra, une génération plus tard, Marcel Proust. Collection d’une extrême rareté, sans équivalent recensé, à la croisée de l’histoire de la presse étudiante, de la caricature lithographiée et de la préhistoire intellectuelle du monde proustien. Provenance : André Vasseur (sans marque de provenance) ; ne figure pas au catalogue Collection André Vasseur (1974), mais on trouve l’exemplaire décrit au catalogue Revues littéraires des XIXe et XXe siècles – Collection André Vasseur (Ader 2023, n°118) vendu à un libraire parisien (catalogue 2024, n°11).

Réf : 43068

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