[Louis XIII à Fontainebleau]. Le Messager de Fontainebleau. Avec les nouvelles et les paquets de la cour.

Sans lieu,
1623.
In-12 de 16 pp., maroquin rouge, dos orné à nerfs, triple filet doré d’encadrement sur les plats, tranches dorées, filet doré sur les coupes, dentelle intérieure (Capé).

1 500 

Sans lieu, , 1623.

In-12 de 16 pp., maroquin rouge, dos orné à nerfs, triple filet doré d’encadrement sur les plats, tranches dorées, filet doré sur les coupes, dentelle intérieure (Capé).

Édition originale. Cette rare plaquette de seize pages, publiée sous le règne de Louis XIII, appartient au genre des « canards » satiriques consacrés aux nouvelles de la cour. Le Messager de Fontainebleau exploite le mécontentement des Parisiens face aux déplacements fréquents de la cour, qui entraînent l’absence des courtisans, le ralentissement du commerce et la morosité de la capitale. Sous une forme facétieuse et spirituelle, l’auteur brosse un tableau critique de la société de son temps : il dénonce les abus des financiers et des « partisans », les impôts, le luxe des bourgeois, les inégalités entre aînés et cadets, la corruption des juges, la misère et la criminalité. La satire s’étend à toutes les catégories sociales et mêle observations réalistes, plaisanteries et commentaires sur l’actualité politique. Après les nouvelles de Paris et de la cour, la brochure évoque la situation de la Picardie et annonce la guerre contre l’Espagne, dont l’auteur fait une lecture à la fois politique et burlesque. Cette anticipation semble faire écho aux événements de la guerre de la Valteline de 1624. Par son style vif, correct et élégant, le Messager de Fontainebleau offre ainsi un témoignage original sur l’opinion parisienne, les moeurs et les tensions politiques et sociales du début des années 1620. Provenance : Michel Grund avec ex-libris, fils d’Ernest Gründ fondateur de la librairie éponyme à Paris en 1880 qui s’établit en 1934 rue Mazarine, au coeur de Saint Germain des Prés, dirigée dès lors par ses deux fils Jacques et Michel. Le décès brutal de Jacques Gründ en 1939, puis la Seconde Guerre mondiale, viennent casser un développement prometteur. A partir de 1944, Michel Gründ relança l’activité de la Maison avec René Poirier, technicien d’impression et ami de nombreux artistes puis en 1956, tenta l’aventure de la coédition européenne, notamment avec la collection des « Légendes et contes de tous les pays ». Très bel exemplaire dans une fine reliure signée Capé, décrit longuement par le Bulletin du Bibliophile, année 1860 (p. 1585, n°646). Brunet, III, 1671 ; Bourgeois André IV, 2626 ; Sgard, Journaux, 955.

Réf : 45006

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