[Lettres de cachet. Affaire Sanois. Manuscrit autographe. 1785-1786]. SANOIS (Jean-François-Joseph de La Motte-Geffrard, comte de). Journal du Comte de Sanois, depuis le 4e may 1785 jusqu'au 25 janvier 1786. Mémoire dicté à Besançon la nuit du samedy 7 au dimanche 8 de may 1785, en continuant le dimanche 8, à deux bas officiers prisonniers comme lui dans les prisons militaires de cette ville. 1786.

1786.
Manuscrit in-folio réglé (22 x 32,5 cm) de (2)-162 pp., quelques feuillets vierges, vélin sur ais de bois (reliure de l’époque). Titre manuscrit sur le plat supérieur : Journal du Comte de Sanois sortant de la Maison de force de Charenton où il a été détenu au secret depuis le 4. may 1785 jusqu’au 25 janvier 1786. Premier cahier. Mémoire dicté à Besançon. Titre sur le dos : Journal manuscrit du comte de Sanois May 1786 7bre 1787.

10 000 

, , 1786.

Manuscrit in-folio réglé (22 x 32,5 cm) de (2)-162 pp., quelques feuillets vierges, vélin sur ais de bois (reliure de l’époque). Titre manuscrit sur le plat supérieur : Journal du Comte de Sanois sortant de la Maison de force de Charenton où il a été détenu au secret depuis le 4. may 1785 jusqu’au 25 janvier 1786. Premier cahier. Mémoire dicté à Besançon. Titre sur le dos : Journal manuscrit du comte de Sanois May 1786 7bre 1787.

Précieux manuscrit autographe à la fois mémoire de défense et journal intime, de l’une des plus célèbres causes célèbres pré-révolutionnaires, analysée par Sarah Maza comme l’un des procès qui contribuèrent le plus à délégitimer les institutions de l’Ancien Régime. Jean-François-Joseph de La Motte-Geffrard (1723-1799), aide-major des Gardes françaises et chevalier de l’ordre de Saint-Louis, fut arrêté à Lausanne le 4 mai 1785 à la demande de son épouse et de ses frères, qui l’accusaient de dilapidation et de banqueroute frauduleuse, et ramené en France pour être incarcéré au secret à la maison de force de Charenton en vertu d’une lettre de cachet. Pendant sa détention à Besançon, les 7 et 8 mai 1785, il dicta à deux bas-officiers prisonniers ce premier mémoire qu’il remit le 21 septembre 1785 au président Gilbert de la Chambre des vacations du Parlement de Paris, et retira du greffe après sa libération en janvier 1786. Ce manuscrit constitue le document fondateur de toute sa défense. Libéré après neuf mois de détention, Sanois intenta aussitôt un procès contre son épouse. « C’est en 1786, à la veille de la Révolution, que l’affaire Sanois éclate dans un climat social particulièrement tendu, transformant un banal fait divers en procès à sensation » : son avocat Pierre-Louis de Lacretelle (1751-1824) publia en janvier 1786 un Mémoire pour le comte de Sanois qui transforma l’affaire privée en débat public sur les lettres de cachet. « Exempt de censure, le mémoire judiciaire était devenu un redoutable moyen de communication qui gagnait les salons et les cafés ». Le procès se termina par une transaction : la comtesse reconnut le caractère mensonger de ses accusations et s’engagea à verser une rente. Sanois s’exila à Neuchâtel, puis rentra à Paris à l’annonce de la convocation des États généraux, avant d’être emprisonné deux fois comme contre-révolutionnaire et de mourir à Paris le 12 février 1799. Contenu du manuscrit : Accusations et répliques (réfutation des charges de dilapidation et de banqueroute) ; conflits familiaux (relation avec sa fille et ses frères cadets) ; étapes de l’emprisonnement et transferts ; vie privée et mariage ; acquisition des terres d’Isle et de Vignely ; démarches pour rentrer en France ; « Tableau de ma situation au 4e may 1785 jour que j’ay été arresté à Lausanne » ; « Réserve et protestation de mes pouvoirs en temps et lieu contre les auteurs fauteurs et complices de ma détention illégale ». Sarah Maza, Private Lives and Public Affairs: The Causes Célèbres of Prerevolutionary France ; Pierre-Louis Lacretelle, Mémoire pour le comte de Sanois, ancien aide-major des gardes françoises, sortant de Charenton.

Réf : 11680

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