Le Patriote alsacien. Der Elsaßer Patriot.

Strasbourg,
Imprimerie de P.J. Dannbach,
1820.
Prospectus, 34 livraisons et et 1 numéro spécial reliés en 1 vol. in-folio à deux colonnes par page en caractères latins et gothiques, demi-basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge (reliure de l’époque).

2 000 €

Strasbourg, Imprimerie de P.J. Dannbach, 1820.

Prospectus, 34 livraisons et et 1 numéro spécial reliés en 1 vol. in-folio à deux colonnes par page en caractères latins et gothiques, demi-basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge (reliure de l’époque).

Collection très rare, avec son prospectus, du premier trihebdomadaire alsacien bilingue français et allemand, de la première livraison publiée le dimanche 16 janvier 1820 au n° 35 et dernier daté mercredi 5 avril 1820, suivie du numéro spécial imprimé le 6 avril 1820 Le Patriote alsacien et le Courrier du Bas-Rhin. La 4e livraison manque. Contexte. Le Patriote alsacien naît dans le bref espace de liberté ouvert par la loi Serre (17 mai 1819), qui libéralisa la presse en supprimant la censure préalable et en instaurant le jury pour les délits de presse, et meurt dès le printemps 1820 avec le retour des Ultras et le vote des lois d’exception consécutives à l’assassinat du duc de Berry (13 février 1820), qui rétablirent la censure et la suspension sans jugement. Son directeur et rédacteur, C. Marchand, « jusqu’à présent attaché à la rédaction du Censeur européen », fut poursuivi devant la Cour d’assises du Bas-Rhin le 15 juin 1820 « pour nombreuses provocations au crime et offenses envers la famille royale ». Le prospectus annonce clairement le programme : « Plusieurs autres départements jouissent des bienfaits de la liberté de la presse. Pourquoi ne suivrait-on pas cet exemple en Alsace […] La feuille que je rédigerai offrira principalement au lecteur des nouvelles étrangères, des nouvelles de Paris et des nouvelles du département du Bas-Rhin, soit en matières d’impôts, soit en matière de commerce et d’agriculture […] Le Patriote Alsacien aura des relations sûres avec l’Allemagne […] il sera heureux de pouvoir rendre hommage à l’excellent esprit qui anima toujours les habitants de cette cité et au dévouement dont nos braves sont prêts à donner l’exemple pour conserver les institutions, sans lesquelles il n’est de sécurité pour personne. » (Prospectus, Strasbourg, 5 janvier 1820.) Tous les numéros portent le Timbre Royal et le Timbre à l’extraordinaire du Bas-Rhin. L’édition spéciale du 6 avril 1820, reliée en fin d’exemplaire, opposa C. Marchand à Engelhard du Courrier du Bas-Rhin, dont le journal continua à paraître malgré les restrictions. Discrètes restaurations, rousseurs, pâles mouillures. Procès du « Patriote alsacien », Cour d’assises du Bas-Rhin, 15 juin 1820.

Réf : 14959

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