Paris, Imprimerie Roger Amiard, 1946.
Petit in-4 autographié (23 x 18 cm) de 350-(2) pp., couverture imprimée conservée, demi-maroquin bleu, dos à nerfs (reliure moderne).
Édition originale reproduisant en fac-similé le manuscrit autographe de l’auteur, dont l’achevé d’imprimer (18 mars 1946) coïncide exactement avec l’ouverture du procès de Petiot. Marcel Petiot (Auxerre, 17 janvier 1897 – Paris, 25 mai 1946), médecin, maire de Villeneuve-sur-Yonne, criminel de masse, arrêté le 31 octobre 1944 après la découverte dans son hôtel particulier du 21 rue Le Sueur des restes de 27 cadavres, victimes auxquelles il avait proposé des filières d’évasion clandestines vers l’Argentine, prétendant agir pour la Résistance. Incarcéré à la prison de la Santé de novembre 1944 à son procès, il y rédigea ce traité sur les probabilités et les martingales, « Les Lois des Martingales. Application à tous les jeux dits « de Hasard » : courses, roulette, Loterie nationale, etc. Analyse détaillée du jeu de Poker et plusieurs autres jeux. Règles nécessaires et suffisantes pour gagner au Bridge. Multiples conseils pour s’évader de l’ennui. » — dernière trace écrite d’un homme qui dédicaçait son livre pendant les suspensions d’audience à son propre procès. Condamné à mort le 4 avril 1946 pour vingt-quatre meurtres, après avoir lui-même revendiqué soixante-trois victimes (« des traîtres, des collaborateurs et des Allemands »), il fut guillotiné le 25 mai 1946 dans la cour de la Santé. L’imprimeur Roger Amiard se procura le manuscrit et le publia en fac-similé autographe. Truffé d’une lettre autographe signée de Petiot datée Paris 20/3 45, adressée au juge d’instruction : « Lors de leur interrogatoire, ceux que vous avez choisis comme experts médicaux m’ont questionné sur l’assassinat de la laitière de Villeneuve en soulignant que la prescription empêchait les poursuites contre moi. Si mon avocat ne me l’avait confirmé je n’aurais pas cru qu’un dossier prétendu sérieux pourrait contenir une moisson d’idioties recueillies avec soin soit auprès de mes adversaires politiques qui ne reculent devant rien pour me salir, soit auprès d’imbéciles dangereux qui veulent se rendre intéressants en racontant quelque roman dans lequel on me prête des dires ou des faits […]. » Précieux exemplaire offert par l’avocat de la partie civile Claude Perlin à son ami Georges Lorris avec envoi autographe signé : « En toute affection à mon ami Georges Lorris. Claude Perlin, 27 avril 1946, avocat de la partie civile. » On peut apercevoir Perlin sur la photographie argentique (13 x 18 cm) reliée en tête, prise lors du procès (cachet au verso France Soir, service photographique). Relié à la suite : coupure de presse de juin 1946 donnant un compte rendu posthume du livre de Petiot.
Réf : 11878


