[DESSALLES (Pierre-François-Régis)].

Annales du conseil souverain de la Martinique ou tableau historique de cette colonie, depuis son premier établissement jusqu'à nos jours. Auquel on a joint l'analyse raisonnée des loix qui y ont été publiées avec des réflexions sur l'utilité ou l'insuffisance de chacune de ces loix en particulier.

Bergerac,
J. B. Puynesge,
1786.
2 vol. in-4 de XXV-(1)-553-(1) pp. et XVIII-401-(1)-40 pp., demi-basane brune, dos lisse orné (relié vers 1820).

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Bergerac, J. B. Puynesge, 1786.

2 vol. in-4 de XXV-(1)-553-(1) pp. et XVIII-401-(1)-40 pp., demi-basane brune, dos lisse orné (relié vers 1820).

Première édition très rare de « l’ouvrage essentiel qui nous fait pénétrer dans la vie judiciaire, administrative et sociale de la Martinique ». Pierre-François-Régis Dessalles (Martinique, 23 février 1755 – 1808), issu d’une famille créole établie à la Martinique depuis la fin du XVIIe siècle, fit ses études de droit à Paris avant de revenir dans son île natale, où il occupa des fonctions de conseiller au Conseil souverain, puis de commandant de Sainte-Marie et de juge au tribunal d’appel (1804). Ses Annales compilent des extraits de registres du Conseil souverain aujourd’hui en grande partie disparus, source irremplaçable pour l’histoire coloniale des Antilles françaises et le droit d’Ancien Régime. L’ouvrage aborde « tous les problèmes juridiques » de la colonie : la condition des esclaves, considérés comme des biens meubles, et les sanctions portées contre les nègres marrons ; l’organisation du service spirituel, confié à des ordres religieux sous autorité du Saint-Siège, avec des missionnaires « amovibles à volonté » ; les pratiques judiciaires, y compris des descriptions de la question (torture), abolie en 1781 ; les ordonnances royales (civiles de 1667, criminelles de 1670) adaptées aux réalités coloniales ; la capitation et les taxes sur les produits locaux ; les règlements de police de la vie quotidienne. Dessalles, créole et membre de l’élite, défend explicitement le maintien de la ségrégation raciale, « réclamant pour les îles du Vent une ordonnance royale pour pallier « un abus contraire à la constitution des colonies » », notamment en matière de mariages entre Blancs et femmes de couleur. L’imprimeur Jean-Baptiste Puynesge, natif de Limoges, compagnon à Bordeaux avant d’y monter une imprimerie clandestine aux Chartrons, s’installa à Bergerac vers 1773 à la suite de poursuites judiciaires. Vers 1780, il obtint également l’autorisation d’ouvrir une librairie à Sainte-Foy-la-Grande. Jean-Baptiste Bargeas lui succéda. Ex-libris manuscrit Pelet. Quelques traces de mouillures. Jean Imbert, Bibliothèque de l’École des chartes, 1997, pp. 390-392.

Réf : 43537

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