Paris, Imp. de l’Esclave ivre, 1881.
Du numéro 1 (15 septembre 1881) au numéro 4 et dernier (6 octobre 1881), reliés en 1 vol. in-4, demi-percaline rouge (reliure de l’époque).
Collection complète, très rare, ultime publication d’André Gill (Louis-Alexandre Gosset de Guines, Paris, 1840 – Charenton-le-Pont, 1885), caricaturiste, peintre et chansonnier, figure la plus rayonnante de la presse satirique parisienne des décennies 1860-1870, « l’esprit de Paris incarné par un seul homme » (Mermeix, nécrologie, 1885). Couronnement d’une carrière consacrée à la petite presse, La Lune (1866), L’Éclipse (1868), La Parodie (1869-1870), La Lune rousse (1876), La Petite Lune (1878-1879), L’Esclave ivre fut conçu sur le même plan que La Petite Lune pour combattre l’opportunisme républicain en la personne de Gambetta, alors à l’apogée de sa puissance, que Gill avait déjà caricaturé à plusieurs reprises dans L’Éclipse et La Lune rousse. La revue ne vécut que quatre numéros — 15 et 22 septembre, 29 septembre et 6 octobre 1881 — avant que Gill, retrouvé le 16 octobre 1881 errant et désorienté dans les rues de Bruxelles, soit rapatrié à Paris par ses amis Jules Vallès et Callet et interné à l’asile de Charenton le 25 octobre 1881, où il mourut en mai 1885. L’Esclave ivre est ainsi « la plus rare de ses publications » quatre numéros seulement, interrompus par l’effondrement mental de l’auteur. Jones, p. 55 ; Bertrand Tillier, « André Gill, la caricature et l’esprit de Paris » ; Pierre-Robert Leclercq, André Gill. Les Dessins de presse et la censure, Les Belles Lettres, 2015.
Réf : 12369


