A Paris, Chez P. Mettayer, 1613.
In-folio de (16)-243-(10) ff., vélin rigide estampé, dos à cinq nerfs orné de fleurons, sur les plats cartouches laurés et fleurons en écoinçons dans un double encadrement à froid (reliure de l’époque).
Édition originale publiée l’année de la mort du jurisconsulte, ornée de son portrait gravé en taille-douce par Jaspar Isaac en regard du titre de départ. Louis Le Caron, seigneur de Canly, dit Charondas (1534 – 1613), surnom qu’il s’inventa par allusion à Charondas de Catane, l’un des plus illustres législateurs grecs de Sicile, fut à la fois jurisconsulte, poète et philosophe. « Par le hasard de sa carrière, il fut un lointain successeur de Philippe de Beaumanoir puisqu’il exerça les fonctions de lieutenant civil et criminel au bailliage de Clermont-en-Beauvaisis. Avocat au Parlement de Paris, jurisconsulte parisien, ainsi qu’il aimait à se nommer, Charondas n’a pas eu, contrairement à nombre de ses contemporains, l’honneur d’une monographie, et pourtant l’homme n’a pas démérité : philosophe, poète, auteur d’un Dictionnaire de la langue française dont on a certainement perdu la trace, il a surtout été un remarquable juriste » (Guillaume Leyte). Proche des parlementaires parisiens, Charondas fut « remarquable pour l’attention qu’il prêta au droit français dont il fut le premier auteur à faire figurer l’expression dans ses ouvrages ». Il contribua ainsi, à la suite de Du Moulin et de Coquille, à valoriser un droit national qu’il souhaitait voir codifié et éclairci, affirmant la prévalence des ordonnances royales sur les coutumes comme expression légitime de la puissance souveraine. Bel exemplaire en vélin estampé du temps. Trace de mouillure sur le second plat, pâle mouillure dans les marges inférieures. Gouron & Terrin, 1707 ; G. Leyte, « Charondas et le droit français » ; Patrick Arabeyre, Jean-Louis Halpérin & Jacques Krynen, Dictionnaire historique des juristes français (XIIe-XXe siècle), p. 479.
Réf : 11293
