Paris, Ostervald (Imprimerie de P. Didot), 1817-1825.
61 livraisons grand in-8 brochées (25 x 17 cm) de VIII pp., et 360 gravures, texte en regard des planches, la 61e et dernière livraison contient une carte dépliante, 2 tables des gravures (classement par départements, classement par livraisons), les titres et faux-titres prévus pour la reliure. L’ensemble est préservé dans 4 chemises sous étuis, demi-basane noire, couvertures de livraisons conservées.
Exceptionnel exemplaire en livraisons à l’état de neuf, décrit dans le catalogue Heilbrun, Topographie française, n° 214. Samuel Ostervald l’Aîné, graveur de métier reconverti depuis 1802 à l’édition d’estampes à Paris, publia cet ouvrage par livraisons bimensuelles entre 1817 et 1825. Les 360 gravures sur acier — technique anglaise (steel engraving) alors encore peu répandue en France, qui confère aux images une finesse et une durabilité supérieures à la taille-douce traditionnelle, furent exécutées d’après les dessins de Bence, Bourgeois, Chapuy, Baugean et Goblain, parmi les meilleurs dessinateurs de paysage de leur génération. « Le Nouveau Voyage pittoresque de la France, publié par Ostervald l’aîné entre 1817 et 1824, se compose de 360 gravures sur acier accompagnées chacune d’une brève notice. Si l’ouvrage se situe dans la continuité des voyages pittoresques illustrés du siècle précédent, il en renouvelle néanmoins le genre et ce par deux innovations remarquables. Les monuments représentés sont en effet majoritairement médiévaux, choix qui témoigne de l’intérêt qu’ils commencent à susciter depuis le début du siècle. L’ouvrage présente donc les principales richesses de la France en indiquant ce qu’il faut voir et comment. Il établit ainsi, avant les Voyages pittoresques et romantiques de Taylor et Nodier, un code du regard pour les antiquités nationales » (P. Rodriguez). Cette publication précède d’un an le premier volume des Voyages pittoresques et romantiques dans l’ancienne France de Taylor et Nodier (Paris, Didot l’Aîné, 1820). « Cette publication et son succès encouragèrent le ministre de l’Intérieur Decazes à demander aux préfets un rapport sur les monuments intéressants de leur département, afin de les protéger, car on s’aperçoit que d’innombrables monuments gothiques ont été achetés par des Anglais, qui les ont transportés dans leur pays » (Adhémar). L’ouvrage fut donc l’un des déclencheurs directs de la prise de conscience patrimoniale qui allait conduire à la création de l’Inspection des monuments historiques (1830) et à la désignation de Prosper Mérimée comme premier inspecteur général (1834).
Réf : 13646
