A Paris, chez la Théodore Le Gras, 1729.
In-12 de (4)-349-(3) pp., veau brun, dos orné à nerfs, tranches rouges (reliure de l’époque).
Édition originale rare, partagée avec la Veuve Delaulne ; une autre édition parut à Amsterdam en 1730. Rare et très singulière utopie anonyme, illustrée d’une remarquable carte géographique repliée représentant l’Empire de Norreos et le Royaume d’Arrimond, territoires imaginaires situés dans les régions septentrionales de la Tartarie, au voisinage du Japon et près du cercle polaire arctique. « Cette étrange carte aux rivages discontinus pourrait exhiber par ses blancs son statut fictionnel si les cartes contemporaines du monde ne présentaient pas alors elles-mêmes parfois le même type de lacunes, la déréalisation du blanc sur la carte opère tout aussi bien comme authentification » (Utpictura18. Relation imaginaire écrite à la première personne, le récit met en scène Glantzby, médecin, architecte et personnage mégalomane, dont le regard sur les sociétés qu’il découvre est empreint d’une profonde misanthropie. À rebours de l’utopie traditionnelle, le voyage ne conduit jamais véritablement vers un ailleurs idéal : Glantzby tue les serpents sacrés, soigne les malades, se fait vénérer comme un dieu, avant que la violence et le désenchantement ne reprennent leurs droits. Cette tonalité particulièrement sombre et violente donne à l’ouvrage une place singulière dans la littérature de voyage imaginaire du XVIIIe siècle. L’ouvrage s’inscrit dans le sillage des Voyages de Gulliver de Swift (1726) et précède de peu le Nouveau Gulliver de Desfontaines (1730). Bel exemplaire. Hartig & Soboul, p. 44 ; Versins, 151A ; Utpictura18, Illustrations de l’utopie au XVIIIe siècle.
Réf : 42645
