A Paris, chez F. Buisson, 1798.
2 vol. in-8 de VIII-466 pp. et (4)-511 pp., demi-veau taupe, dos lisse orné de filets dorés (reliure de l’époque).
Édition originale de cette traduction. La traduction par Sophie de Grouchy, marquise de Condorcet, ainsi que les Lettres sur la sympathie qu’elle y joint, constituent l’un des maillons nécessaires de l’introduction en France de la pensée morale et sociale d’Adam Smith, et dans une certaine mesure de l’introduction en France du libéralisme britannique. Sophie de Grouchy (1764 – P1822), épouse du marquis de Condorcet depuis 1786, tenait l’un des salons philosophiques les plus brillants de Paris, devenu cercle politique après 1789. C’est lors des épreuves de la Terreur, au moment de l’arrestation de son mari en juillet 1793, quelques mois avant sa mort, qu’elle rédigea ses Lettres sur la sympathie, adressées à Cabanis, son beau-frère, et qu’elle ne publia qu’en 1798, à la suite de cette traduction. La qualité de son travail de traductrice fut saluée : « Sa traduction demeure admirablement fidèle à l’économie de la pensée smithienne » (Michaël Biziou, Claude Gauthier & Jean-François Pradeau,). Les Lettres sur la sympathie, rédigées à partir de 1791-1792, offrent « au coeur des haines sociales et politiques, son diagnostic sur la Terreur tout en dissertant sur la compassion », texte qui séduisit Mme de Staël et Stendhal. Bel exemplaire. Stanford Encyclopedia of Philosophy, notice Sophie de Grouchy ; Voltaire Foundation, Les Lettres sur la sympathie (1798) de Sophie de Grouchy.
Réf : 10443

