, , (1731 ca).
Manuscrit in-4 à 13 lignes par page de (2)-751 pp. mal chiffrées, (14) pp. de table, titre encadré, veau marbré, dos orné à nerfs, pièce de titre en maroquin rouge (reliure de l’époque).
Précieux manuscrit calligraphié précédé d’un faux-titre illustré de deux cornes croisées, d’un grelot et d’une calotte, surmonté de l’effigie de Momus, rassemblant les archives du Régiment de la Calotte l’année même de la mort de son fondateur généralissime Aymon Ier (vers 1650-1731). Le Régiment de la Calotte fut créé en 1702 par Étienne-Isidore-Théophile Aymon et Philippe-Emmanuel de Torsac : société de viveurs réunis en joyeuses mascarades, les Calotins, dont les armoiries portaient une lune d’argent et, en souvenir de Momus, une calotte à grelots. « Sous prétexte de manquement aux bienséances, au bon goût, à la logique et au bon sens, les membres de l’association de la Calotte envoyaient des brevets à tous ceux qu’ils croyaient dignes d’être enrôlés dans leur régiment. Aucun grade, aucune dignité, nulle position élevée n’était à l’abri des brevets satiriques de ces joyeux critiques » (Dinaux, Sociétés badines, I, p. 134). Le brevet « détournement satirique de la lettre patente » est un poème d’une cinquantaine de vers ou un texte en prose énumérant plaisamment les travers et les ridicules de la victime. « Le Régiment de la Calotte révèle un état de culture propre aux Lumières », « comicratie aristocratique » où le rire s’exprime en patois de Momus lors de repas bachiques, avec distribution de brevets satiriques (Antoine de Baecque). Contenu. 110 brevets, dont : Voltaire (Grand Bâtonnier du Régiment) ; John Law (Contrôleur Général du Régiment) ; Dabats, imprimeur du Châtelet ; le prince de Conti (Juge Souverain de la Musique) ; un brevet d’historiographe du Régiment pour l’Évêque de Soissons (1730) ; un brevet pour les Avocats du Parlement de Paris (1731). Pièces liminaires : Idée légère du Régiment de la Calotte ; Académie des Inscriptions ; Table alphabétique des Brevets contenus dans ce Recueil. Les auteurs calottins forment un groupe identifiable dans l’espace littéraire français du début du XVIIIe siècle, gravitant autour des cafés proches de l’Opéra-Comique : l’abbé François Gacon, auteur d’une cinquantaine de brevets ; l’abbé Plantavit de la Pause de Margon ; l’abbé de Grécourt ; Pierre Charles Roy ; Desfontaines ; Louis Fuzelier ; Alexis Piron, et surtout leur protecteur le plus influent, le comte de Maurepas, principal ministre du Régent puis de Louis XV. Provenance : Maison de Montmorency (ex-libris armorié) et ses descendants depuis 1862, la Maison de Gontaut-Biron (cachet Montmorency – Gontaut-Biron). Coins frottés, petit accident en pied. Antoine de Baecque, « Les éclats du rire. Le Régiment de la calotte » ; id., Les éclats du rire. La culture des rieurs au XVIIIe siècle ; Arthur Dinaux, Les sociétés badines, bachiques, littéraires et chantantes, I, p. 134.
Réf : 42379
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