, , 1746-1790.
Ensemble 1 vol. in-4, demi-veau havane marbré, dos lisse orné, pièce de titre en veau vert, tranches jaune, dos restauré (reliure de l’époque).
Précieux recueil factice réunissant les six éditions originales fondatrices de la démographie actuarielle française, de la première table de mortalité française (1746) aux premières théories de l’assurance-vie (1790). 1. DEPARCIEUX (Antoine). Essai sur les probabilités de la durée de la vie humaine ; d’où l’on déduit la manière de déterminer les Rentes viagères, tant simples qu’en tontines. A Paris, Chez les Frères Guerin, 1746. In-4 de VI-(2)-132-XXII-(1) pp., 22 tables dont 8 sur double page. Édition originale. Armoiries du dédicataire de Boullongne, intendant des finances, gravées par Cochin en tête de la dédicace. Antoine Deparcieux (Cessous, 28 septembre 1703 – Paris, 2 septembre 1768), fils de cultivateurs cévenols, membre de l’Académie des sciences depuis 1746, « toujours animé du souci de faire œuvre utile, pédagogique et qui réponde aux besoins de la société » (Persée, Dix-huitième siècle, 2004), construisit la première table de mortalité française à partir des registres des tontines de 1689 et 1696 et des nécrologes de divers ordres religieux parisiens, « tables reprises et reproduites tout au long de la seconde moitié du XVIIIe siècle par toute une pléiade d’auteurs, allant de Buffon à Süßmilch, en passant par Moheau, Price et l’encyclopédiste Jaucourt » (INED, 2003). Un siècle après leur publication, elles continuaient à être utilisées par les compagnies d’assurance françaises dans leurs calculs actuariels. L’ouvrage valut à son auteur d’entrer à l’Académie des sciences. Deparcieux a servi de modèle au géomètre philosophe du conte de Voltaire L’Homme aux quarante écus. Coquelin & Guillaumin, I, p. 550 ; Einaudi, 1529 ; Kress, 4801 ; INED, 1346 ; Garrison-Morton, 1691.1 ; Smith, History of Mathematics, II, p. 530. 2. [DEPARCIEUX (Antoine) & THOMAS]. Objections faites à M. Deparcieux […] sur son livre des probabilités de la durée de la vie humaine ; avec les réponses à ces objections. [Paris, 1746]. In-4 de 6 pp. Édition originale. 4 tables dont une sur double page. Distribué par l’éditeur pour l’achat d’un volume de l’Essai sur les probabilités. 3. DEPARCIEUX (Antoine). Addition à l’Essai sur les probabilités de la durée de la vie humaine. Paris, H. L. Guerin & L. F. Delatour, 1760. In-4 de 32-(3) pp., 17 tables dépliantes. Édition originale. Important supplément publié quatorze ans plus tard : Ordres de mortalité humaine et manière de s’en servir pour le calcul des rentes viagères. INED, 4040 ; Kress, 4801a. 4. SAINT-CYRAN (Paul Edme Crubier de). Calcul des rentes viagères sur une et sur plusieurs têtes : contenant la théorie complète de ces sortes de rentes. Paris, Cellot & Jombert, Fils jeune, 1779. 2 parties in-4 de VIII-44 et 58-(1) pp. Édition originale. Saint-Cyran (1738-1793), mathématicien et capitaine du génie aux Caraïbes, donne un exposé très pédagogique sur les calculs de rentes viagères sur une, deux ou plusieurs têtes. Il est également l’auteur d’une Réfutation du projet des amis des noirs sur la suppression de la traite des Nègres et sur l’abolition de l’esclavage. INED, 1714. 5. DUVILLARD DE DURAND (Emmanuel-Étienne). Recherches sur les rentes, les emprunts et les remboursemens. A Paris, chez l’auteur ; A Genève, Chez François Dufart, 1787. In-4 de (8)-128 pp., 2 planches dépliantes, 2 tableaux dépliants dont 1 sur papier fort (44 x 60 cm). Édition originale. Duvillard de Durand (1755-1832). Ce Calcul qui prouve qu’on pourra libérer l’État d’une partie des Rentes viagères à 10 pour 100 s’inscrit directement dans le débat sur les rentes viagères émises par le gouvernement français et leur difficile remboursement, débat dans lequel Deparcieux demeurait l’auteur français de référence. In fine : Prospectus d’un cours de mathématiques à l’usage du commerce et de l’industrie (Genève, 1784) dans lequel Duvillard donna pour la première fois l’idée du maximum, cœur de ses Recherches. INED, 1715 ; Kress, B.1204. 6. DUVILLARD DE DURAND (Emmanuel-Étienne). Plan d’une association de prévoyance, dans laquelle ses membres feront entr’eux, et pour eux, de la manière la plus avantageuse possible, tous les arrangemens connus sous la dénomination d’Assurances sur la vie. De l’Imprimerie de Clixte Volland, [1790]. In-4 de 28-(2) pp. Édition originale. Premier projet cohérent d’association d’assurance-vie en France, dix mois après la Révolution. INED, 1714 ; Kress, 1838.
Réf : 14878
