Leyde, Theodore Haak, 1720.
In-12 de (16)-188-(4) pp., table et errata, maroquin rouge, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin fauve, triple filet doré d’encadrement sur les plats, tranches dorées (reliure de l’époque).
Première édition collective posthume. Balthasar de Bonnecorse (Marseille, 1631 – 1706), échevin et consul de France au Caire et en Phénicie, ami de La Fontaine et de Mlle de Scudéry, publia son premier recueil La Montre (Paris, Claude Barbin, 1666), suite de vingt-quatre madrigaux sur l’emploi amoureux des heures de la journée, grâce au soutien de Georges de Scudéry, gouverneur du fort Notre-Dame de la Garde à Marseille, dont il avait fait la connaissance en 1642. Boileau en fit la satire dans Le Lutrin (« L’un prend l’Édit d’amour, l’autre en saisit la Môntre ») ; Bonnecorse répliqua par le Lutrigot (Marseille, 1686), parodie de Boileau, qui lui valut cette épigramme cinglante : « La place que vos noms demandent. Linière et Perrin vous attendent ». En 1686, Aphra Behn donna une traduction anglaise de La Montre sous le titre The Lover’s Watch, en adaptant « ce produit caractéristique de la littérature galante et ludique française pour un lectorat mixte de la Restauration » (Line Cottegnies). « La Montre de Bonnecorse témoigne de l’influence de la mode pour les cartes allégoriques, mais elle s’intègre aussi à ce qu’on peut appeler une littérature des objets galants. Ces textes, souvent ludiques, sont produits dans les milieux précieux et se focalisent sur des objets relevant de la culture matérielle dans une perspective emblématique pour en tirer des développements moraux ou symboliques qui mettent en œuvre l’ingéniosité ou la surprise. Le choix de la montre reflète par ailleurs le développement de l’horlogerie et la popularité croissante des montres personnelles au sein d’une élite urbaine aisée » (ibid.). L’ouvrage contient notamment : La Montre ; Maximes d’Amour raisonnables ; Le Nez de la jeune Silvie ; Sur la Pension que le Roi a donnée à Mlle de Scudéri ; Lettre de M. Pellisson à M. de Bonnecorse ; Le Lutrigot, Poëme Héroïcomique en X chants. Bel exemplaire, petit trou marginal feuillet I5, petit accident sur la coiffe de tête; Brunet, I, 1102 ; Line Cottegnies, « Jeux littéraires en France et en Angleterre au XVIIe siècle — des salons parisiens à Aphra Behn ».
Réf : 41398

