A Paris, chez Moussard, Maradan, 1801.
2 vol. in-8 de (4)-LXXVI-334 ; (4)-384 pp., demi-veau blond, dos lisse orné, pièces de titre en maroquin rouge et de tomaison en maroquin vert (reliure de l’époque).
Édition originale, et seule édition ancienne, de cet ouvrage majeur consacré à l’évolution de la langue française au lendemain de la Révolution. L’ouvrage s’ouvre sur une importante préface de 76 pages dans laquelle Louis-Sébastien Mercier (1740-1814), auteur du Tableau de Paris et de L’An 2440, expose sa conception d’une langue vivante, appelée à s’enrichir au contact des transformations politiques et sociales de son temps. Loin de se limiter à un répertoire lexical, la Néologie constitue une véritable réflexion sur les rapports entre langue, littérature et société, « un témoignage exceptionnel sur la langue au tournant du siècle, traversé qu’il est par les tensions politiques, et des débats philosophiques, linguistiques et esthétiques aux enjeux considérables ». Mercier y recense, définit ou remet en circulation des termes nouveaux, anciens ou pris dans des acceptions nouvelles, avec une liberté qui l’oppose aux conceptions normatives de la langue. Parmi les termes qu’il contribue à diffuser ou à renouveler figurent notamment socialisme, gouvernementalité, bureaucrate, débureaucratiser, fraterniser et antisocial. Pour Mercier, « le grammairien est l’homme de la domestication des langues et de l’immobilisation des mots », et la néologie, à rebours, est « une politique continuée par d’autres moyens » (Philippe Roger). Bel exemplaire en reliure de l’époque. J.-C. Bonnet (dir.), Louis-Sébastien Mercier, un hérétique en littérature ; Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, n° 46, 2009 ; J.R. Klein, Louis-Sébastien Mercier, novateur, rénovateur, observateur ? La néologie (1801) : une vision du lexique à la charnière entre les 18e et 19e siècles.
Réf : 6172
