Par une Société de Libraires, A Messine (Paris), 1753.
2 vol. in-12 de (2)-XXXVII(1)-216 pp. ; (4)-307-(1) pp., demi-vélin rouge, dos orné à nerfs, pièce de titre en maroquin noir, tranches jaspées (relié vers 1820).
Contrefaçon publiée la même année que l’originale. Étienne Gabriel Morelly (Paris ?, ca 1717 – après 1778) est l’une des figures les plus énigmatiques des Lumières : aucun document biographique ne permet de le situer avec certitude, ses oeuvres constituent la principale source sur sa pensée, et son Code de la nature (1755) fut attribué à Diderot pendant cinquante ans (Nicolas Wagner). La page de titre présente l’ouvrage comme la traduction d’une épopée du philosophe indien Pilpaï ou Bidpaï — emprunt purement fictif, Pilpaï n’étant que le nom du sage ministre du roi hindou Dabschelin, auteur du Pancatantra dans la tradition sanskrite. La Basiliade se distingue des utopies insulaires classiques : « ici l’utopie n’a plus rien d’insulaire comme c’était le cas dans l’Utopia de More, puisque c’est au contraire l’occident européen qui est devenu un semis d’îles égarées tandis que le lieu de la nouvelle Salente, heureuse et régénérée, est présenté comme un continent » (Stéphanie Roza). Sous une forme allégorique, l’auteur dépeint une société sans propriété privée ni vices, organisée en ateliers de cent personnes et gouvernée par les seules lois naturelles. Les « îles flottantes » que le héros doit détruire figurent les préjugés frivoles des sociétés corrompues d’Europe. La Basiliade marque ainsi le passage de Morelly aux idées communistes, que le Code de la nature développera en un véritable projet législatif. Pour l’édition originale : Hartig & Soboul, p. 54 ; INED, 3319 ; Fortunati & Trousson, p. 436 ; Nicolas Wagner, Morelly, le méconnu des Lumières ; Stéphanie Roza (éd.), Code de la nature.
Réf : 15894

