S.l.n.d., , (1720 circa).
Manuscrit in-8 carré (15 x 19 cm) de 140 pp. à l’encre brune, basane marbrée, dos à nerfs orné de glands, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l’époque).
Manuscrit inédit et anonyme d’une écriture fine et lisible qui témoigne du succès et de l’influence considérables dès le début du XVIIIe siècle du Télémaque de Fénelon publié une première fois en 1699. Avertissement. On n’a eu pour objet que la satisfaction d’une jeune personne d’un naturel heureux qui ne lisait jamais le livre de M. Fénelon sans souhaiter avec une extrême passion de voir aussi le retour d’Ulisse chez le fidèle Eumée et la fin des amours de Pénélope. Une main amie a entrepris de contenter cette curiosité ; et pour rendre cette lecture utile dans le temps qu’on ne travaillait que pour faire plaisir, on a eu attention d’y glisser en plusieurs endroits, des conseils, des maximes et des réflexions propres à mettre un jeune coeur en garde contre le vice et à lui insinuer ce penchant pour la vertu qui flatte une âme bien née. Au reste cet ouvrage n’est pas tout entier d’imagination, on a pris le plan principal dans l’Odyssée d’Homère qu’on a tourné dans les vues qu’on s’était formé en commençant, c’est-à-dire qu’on l’a traduit ou paraphrasé et quelquefois abandonné pour le faire parler en français, comme on pense et comme on agit en France. Ce n’est donc point une traduction de cette partie de l’Odyssée qui (porte) sur le retour d’Ulisse et le rétablissement dans ses états ; c’est un composé de quelques extraits de ce poète et des idées de l’auteur qui a supprimé et changé le texte dans tous les endroits où l’on ne trouverait ni nos moeurs ni nos sentiments si on les eût vendus à la lettre et tels qu’ils se lisent dans l’original. Les discours des personnages qu’on a fait parler semblent un peu sérieux et l’on sera peut-être surpris que l’auteur travaillant pour le plaisir d’une jeune personne n’ait pas tourné tous ces discours d’une manière plus convenable à son âge. Mais qu’on fasse réflexion sur le but tout entier de l’auteur, il est vrai qu’il a cherché d’abord à faire plaisir ; mais en travaillant pour un naturel jeune et tendre, il a cru devoir aussi l’instruire en le divertissant et mêler l’utile à l’agréable. S’il a pu atteindre à ce double avantage, il est content du succès et ne regrette point le travail. De quelques matinées dérobées à de plus sérieuses occupations car il ne s’en ait point fait une de cet amusement, persuadé qu’on ne doit point se fatiguer dans des bagatelles. « Nous voyons donc, dès le début du XVIIIe siècle, se former un multiple réseau d’admirateurs du Télémaque, souvent en désaccord entre eux. Même si certains lecteurs furent très tôt réticents et exprimèrent leurs critiques pour des raisons religieuses, historiques ou littéraires (comme Bossuet qui jugeait le livre « indigne non seulement d’un évêque, mais d’un prêtre et d’un chrétien », ou comme Faydit et Gueudeville qui dénonçaient la monotonie du récit, son invraisemblance historique et ses anachronismes), ces critiques eurent peu d’influence sur l’enthousiasme des lecteurs, ils permettent seulement de déceler les divers usages (religieux, pédagogique, littéraire, érudit, etc.) qui étaient faits du livre et de diverses façons assuraient son succès. (Jacques Le Brun, Les Aventures de Télémaque, destins d’un best-seller, 2009). Ex-libris gravé « de la bibliothèque de Monsieur de Daron ».
Réf : 44784
![[Manuscrit]. Le Retour d'Ulisse, Suite des Avantures de Télémaque. Par Mr. h. f. v. D. R.](https://bonnefoi-livres-anciens.com/wp-content/uploads/2026/05/44784_1.jpg)
![[Manuscrit]. Le Retour d'Ulisse, Suite des Avantures de Télémaque. Par Mr. h. f. v. D. R. – Image 2](https://bonnefoi-livres-anciens.com/wp-content/uploads/2026/05/44784_2.jpg)
![[Manuscrit]. Le Retour d'Ulisse, Suite des Avantures de Télémaque. Par Mr. h. f. v. D. R. – Image 3](https://bonnefoi-livres-anciens.com/wp-content/uploads/2026/05/44784_3.jpg)