[Littérature noire. Argot. Source des Misérables. 1829]. Mémoires d'un Forban philosophe.

Paris,
Moutardier, rue Gît-le-Coeur, n°4,
1829.
1 vol. in-8 de (4)-III-(1)-331 pp., demi-veau brun à petits coins, dos orné à nerfs (reliure de l’époque).

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Paris, Moutardier, rue Gît-le-Coeur, n°4, 1829.

1 vol. in-8 de (4)-III-(1)-331 pp., demi-veau brun à petits coins, dos orné à nerfs (reliure de l’époque).

Édition originale rare supprimée dès sa parution. « L’histoire de l’ouvrage est enveloppée d’obscurité. Sitôt paru, il est saisi et détruit par la police de Charles X ; non pas pour des raisons de convenance sociale, mais pour des raisons politiques. Inconnu de nous jusqu’à de meilleures recherches, l’auteur ne l’était certainement pas de la police royale, qui devait le tenir à juste titre pour un républicain dangereux » (Cellard). Dans l’inventaire de la bibliothèque de Victor Hugo à Guernesey, rédigé par Julie Chenay, l’ouvrage est attribué à un certain R. Buchez. Ce roman virulent et subversif, « pour partie rédigé en argot » (Yve-Plessis), est aujourd’hui reconnu comme l’une des sources directes des Misérables de Victor Hugo et du Dernier Jour d’un condamné. Dorothée Aquino-Weber a démontré dans sa thèse de référence que « le lexique argotique des Mémoires d’un forban philosophe [a exercé] une influence directe sur les Misérables » et sur la lexicographie argotique postérieure à 1829, une filiation qui fait de cet ouvrage « une source pour la sociolinguistique historique ». L’éditeur précise dans sa préface : « Le lecteur qui se nourrit des Mémoires de Vidocq et de ses familiers pourra-t-il goûter les charmes des productions d’une imagination réglée et brillante ? Non sans doute. Les Mémoires d’un Forban philosophe peuvent en ce sens être considérés comme un véritable antidote contre la dépravation du goût ; c’est le dernier degré d’horreur auquel on puisse arriver. L’éditeur espère que ces Mémoires seront le dernier sacrifice offert au goût du jour, et que la littérature des criminels sur son déclin pâlira désormais devant le dégoût du public éclairé. » Signature de l’époque Mondoz répétée au titre, à l’Avis de l’éditeur, à l’Introduction et au dernier feuillet. Très bon exemplaire, sans rousseur. Cellard, Anthologie de la littérature argotique, p. 103 ; Yve-Plessis, Bibliographie raisonnée de l’argot, n° 120 ; Dorothée Aquino-Weber, Mémoires d’un forban philosophe (1829). Variation linguistique et idéologies langagières, 2019.

Réf : 13856

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