Londres (Leyde), , 1748.
Petit in-12 de (8)-140 pp., basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge, frise dorée d’encadrement sur les plats, tranches jaspées (reliure de l’époque).
Édition originale publiée à Leyde par Luzac lui-même, sous adresse de Londres, de l’un des textes clés du débat matérialiste de 1748, dont l’attribution reste discutée : présenté comme une réfutation de L’Homme-machine de La Mettrie, il fut parfois attribué à La Mettrie lui-même, dont l’ironie et l’ambiguïté extrêmes en feraient un texte clé du matérialisme. Élie Luzac (Leyde, 1721-1796), descendant de réfugiés huguenots, fut l’un des imprimeurs-libraires les plus actifs de la République des Provinces-Unies, et l’un des plus ambigus : il imprima L’Homme-machine de La Mettrie en février 1748, aida l’auteur à fuir vers Berlin, puis, « pour se tirer d’affaire auprès des autorités protestantes », publia simultanément L’Anti-Lucrèce du cardinal de Polignac et le présent L’Homme plus que machine. « Descendant de réfugiés huguenots, Luzac condamne ce qu’il publie et publie ce qu’il condamne. Cette ambiguïté discursive se matérialise dans L’Homme plus que machine (1748), qui cite les thèses de La Mettrie pour les contester » (Lieve Jooken & Guy Rooryck). Sa stratégie fut efficace : « On demande à Leyde et partout des Hommes plus que machines » écrivit-il lui-même, attestant le succès commercial de cette réfutation de commande. La traduction anglaise (Man more than a Machine) parut en 1752, dans le sillage du succès de scandale de la version anglaise de L’Homme-machine (1749). Traces de frottements sur la reliure, petite épidermure sur le plat supérieur, feuillets légèrement roussis. Tchemerzine-Scheler, III, 958, 6 ; Lemée, p. 249, n° 26 ; Stoddart, A8 ; Lieve Jooken & Guy Rooryck, « Elie Luzac et L’homme plus que machine (1748) : la parole dialogique d’un imprimeur des Lumières » ; Dictionnaire des journalistes, notice Luzac.
Réf : 16189
