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Une page et demie in-4 datée 24 janvier 1849, adressée à ictor Hugo. Adresse au dos à « Monsieur Victor Hugo Représentant du peuple, Membre de l’Académie ». Trace de cachet de cire.
Lettre de détresse adressée par Murger à Victor Hugo, deux ans avant la publication des Scènes de la vie de Bohème (1851). L’auteur, dans le plus grand dénuement, implore Hugo de l’aider à trouver un emploi en le recommandant auprès de ses collègues députés ou des ministres de l’Instruction publique ou de l’Intérieur. Document d’une rare intensité humaine et littéraire. Murger y décrit sa misère avec une lucidité poignante : « Depuis dix ans que j’habite [Paris], je connais la misère comme un commissionnaire connaît le plan de Paris. La misère a été pour moi un bon maître et m’a appris d’excellentes choses – Maintenant elle n’a plus rien à m’apprendre de nouveau ». Il sollicite non pas une aide financière mais un emploi, ou à défaut un poste de secrétaire auprès d’un représentant : « La place la plus modique, qui m’assurerait la possibilité de travailler, me paraîtrait magnifique ». Il conclut : « C’est une tentative de désespéré. J’ai dépensé toutes mes économies de courage ». La lettre est signée et datée du 25 janvier 1849, domicile 3 rue de Touraine, Saint-Germain. Le mot « Brouillon » en tête indique qu’il s’agit du premier jet conservé par l’auteur – usage courant chez Murger qui travaillait et retravaillait ses textes Précieux témoignage autobiographique de la bohème littéraire parisienne sous la IIe République, à l’exact moment où Murger vivait ce qu’il allait immortaliser. Victor Hugo, alors représentant du peuple à l’Assemblée, était en effet connu pour sa générosité envers les jeunes écrivains.
Réf : 44886

