ACCARIAS DE SERIONNE (Jacques).

Les Intérêts des Nations de l'Europe, dévelopés relativement au Commerce.

A Leide,
chez Elie Luzac,
1766.
2 vol. in-4 de (8)-434 pp. (le faux-titre du tome I n’a pas été imprimé) ; (6)-387 pp., veau havane, dos orné à nerfs, pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l’époque).

1 800 

A Leide, chez Elie Luzac, 1766.

2 vol. in-4 de (8)-434 pp. (le faux-titre du tome I n’a pas été imprimé) ; (6)-387 pp., veau havane, dos orné à nerfs, pièces de titre et de tomaison en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l’époque).

Édition originale de l’oeuvre majeure de Jacques Accarias de Sérionne, l’une des contributions les plus originales à la pensée économique européenne du XVIIIe siècle. Originaire de la Drôme, Jacques Accarias de Sérionne (1706-1792) s’installe à Paris en 1732, où il exerce comme précepteur puis comme avocat. Après avoir quitté la France en 1753, il publie l’essentiel de son oeuvre aux Pays-Bas et à Vienne, souvent anonymement. Les Intérêts des Nations de l’Europe constituent son ouvrage le plus important, nourri notamment de mémoires consacrés à différents pays européens et élaborés pour les autorités. Véritable traité encyclopédique, l’ouvrage aborde le commerce des nations européennes, le crédit public, les banques, la population, la monnaie, les effets de l’abondance de l’or et de l’argent, les compagnies des Indes, le droit commercial, les faillites et les lettres de change. Accarias de Sérionne y développe une pensée économique originale, s’opposant notamment aux théories physiocratiques de la production et de la taxation. Il conteste également l’idée d’un déclin démographique rapide de la France et soutient que la découverte de l’Amérique a favorisé le développement de l’agriculture et de l’industrie européennes ainsi que la croissance de la population. Sa conception du commerce international repose sur une recherche d’équilibre entre les intérêts particuliers des nations et l’intérêt général. Il distingue notamment les États ibériques, l’Espagne et le Portugal, de la France, de la Hollande et de l’Angleterre, dont les intérêts commerciaux et les structures économiques lui paraissent relever de logiques différentes. Publié au lendemain de la guerre de Sept Ans, dans un contexte de rivalité commerciale et maritime entre les puissances européennes, l’ouvrage s’inscrit dans le renouvellement de la pensée économique qui précède la publication de la Richesse des nations d’Adam Smith en 1776. Il témoigne d’une réflexion déjà profondément européenne sur les rapports entre commerce, richesse et puissance des États. L’ouvrage est dédié à Catherine II de Russie, « Sa Majesté l’Impératrice de toutes les Russies », dédicace révélatrice des ambitions européennes de l’auteur et de ses réseaux. Il est publié à Leyde par Elie Luzac (1721-1796), libraire, imprimeur et éditeur d’origine huguenote, figure importante de la vie intellectuelle des Provinces-Unies et de la diffusion des idées des Lumières. Un ouvrage majeur et rare pour l’histoire de la pensée économique européenne du XVIIIe siècle, remarquable par l’ampleur de son analyse du commerce international et par une conception originale des relations économiques entre les nations. Barbier, II, 8793 ; Kress, 6310 ; Sabin, 79234 ; INED, 12 ; Higgs, 4071 ; Einaudi, 55 ; Jesús Astigarraga, « L’économie espagnole en débat. L’oeuvre d’Accarias de Sérionne et sa réfutation par Campomanes », Revue historique, 2012/2, n° 662, pp. 357-389.

Réf : 10467

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