Paris, Comptoir d’édition Lettres, sciences et arts, 1890.
In-8 broché de 36 pp., couverture imprimée en rouge et noir.
Édition originale rare tirée à 350 exemplaires sur papier « mixté » couleur orange. Témoignage vivant du critique d’art Paul Hippeau qui livre ses notes prises pendant les réunions présidées par Gustave Courbet de la Fédération des Artistes de Paris créée en avril 1871 sous la Commune, avec l’ambition de démocratiser le monde de l’art en l’affranchissant des institutions officielles. Créée à l’amphithéâtre de l’École de médecine devant 400 professionnels, dirigée par un comité élu de 47 membres (peintres, sculpteurs, architectes, graveurs et « artistes industriels »), la Fédération des Artistes de Paris revendique la « libre expansion de l’art » sans tutelle de l’État, l’égalité stricte des droits entre créateurs et le rejet des logiques mercantiles ; autogestion des musées dont le Louvre, organisation d’expositions communales sans jury éliminatoire et revalorisation des arts décoratifs. Fort de sa notoriété de chef de file du réalisme, Gustave Courbet lance l’appel de ralliement dans le Journal officiel le 6 avril 1871 et prend naturellement la présidence du comité. Il s’engage prioritairement dans la sauvegarde des collections nationales et des monuments parisiens face aux combats. Son élection suscite quelques réticences internes. Eugène Pottier (auteur de L’Internationale) la qualifie d’« impolitique », craignant que l’aura de Courbet et ses théories esthétiques clivantes n’éclipsent le caractère collectif de l’organisation. Membre de la Fédération, Hippeau rapporte les débats autour de la présidence de Courbet – dont il souligne l’activité en précisant qu’il n’est pas le promoteur de la destruction de la Colonne -, face à Eugène Pottier dont le rapport préparatoire est jugé « très remarquable (avec) des considérations vraiment élevées sur les besoins et les destinées de l’art contemporain ». Si la Fédération des artistes concernait exclusivement les peintres, sculpteurs, architectes, décorateurs et graveurs, une association semblable, la Fédération artistique, fut créée à la mi-avril 1871 par les professionnels des arts dramatiques et lyriques. Ces organisations n’ont eu qu’un rôle limité, la Commune ayant été écrasée dès le mois suivant. Envoi autographe signé de l’auteur « à Monsieur Morival, cordialement, Paul Hippeau ». Le Quillec, 2278.
Réf : 45043
