A La Flèche, chez Georges Griveau, 1627.
In-folio de 2 ff. liminaires et 93 ff. de texte (pagination fautive), veau brun, dos orné à nerfs, triple filet doré sur les plats, pièces de titre en maroquin rouge (reliure du XIXe siècle).
Édition originale. Frontispice gravé sur cuivre représentant un arc triomphal servant de page de titre, 132 figures sur bois, lettres ornées, bandeaux et culs-de-lampe. Premier traité de charpenterie en langue française. Mathurin Jousse l’Aîné (La Flèche, ca 1575 – 1645), maître serrurier, publia entre 1627 et 1642 trois traités de construction qui comptent « parmi les premiers du genre en France » : La fidelle ouverture de l’art de serrurier (1627), le présent Théâtre de l’art de charpentier (1627) et Le secret d’architecture (1642). Son inventaire après décès mentionne les nombreux instruments scientifiques qu’il confectionnait à l’usage du Collège Royal des Jésuites établi à La Flèche en 1604, ce qui confirme ses compétences multiples et ses liens avec le milieu savant. On lui a longtemps attribué, sans véritable preuve, la paternité de certains édifices de La Flèche. Il a également longtemps été confondu avec son fils, Mathurin Jousse le Jeune (1607-1671/1672), maître orfèvre dans la même ville, confusion qui en faisait un auteur singulièrement précoce. L’ouvrage s’ouvre par une liste complète et curieuse des divers outils en usage dans la profession, suivie d’une explication de tous les termes techniques employés par les charpentiers, « l’on peut se convaincre que ces mots n’ont pas changé depuis quatre siècles », et par une petite pièce en quatre strophes et quatorze vers de l’auteur. Le corpus principal présente 125 figures de charpentes diverses numérotées, gravées sur bois. Le volume se termine par un Brief Traicté des cinq ordres des colonnes en 14 pages, avec sept figures sur bois insérées dans le texte. Le privilège est le même que celui qui figure dans L’Art du Serrurier. D’Alembert, dans son Discours préliminaire à l’Encyclopédie, cite les traités techniques comme preuves que « la technique était, bien avant le XVIIIe siècle, déjà souvent comprise et synthétisée ». Le Théâtre de l’art de charpentier fit autorité pendant plus d’un siècle. Pagination très erronée à partir de la page 28, reprenant approximativement à partir de la page 64, conforme à la collation de l’exemplaire Rothschild. Ex-libris Monsieur Mortier, Inspecteur des Bâtiments du Roi. Quelques feuillets réparés en marge intérieure, trous de vers à la fin du volume. Brunet, III, 581 ; Rothschild, I, 268.
Réf : 10986
