Amsterdam, Henri Wetstein, 1683.
In‑12 de (32)-229 pp. portrait, veau brun, dos orné à nerfs (reliure de l’époque).
Première édition de la traduction française commentée par Abraham-Nicolas Amelot de La Houssaye (1634-1706), « le traducteur sinon le plus prolifique, du moins le plus éclectique des dernières années du XVIIe siècle » (S. Guellouz). Le portrait en frontispice est gravé à l’eau-forte. Diplomate, secrétaire d’ambassade à Venise, Amelot de La Houssaye dédia l’année suivante sa traduction de Baltasar Gracián (L’Homme de cour, 1684) à Louis XIV, témoignage du tropisme tacitiste et anti-machiavélien de sa démarche. Dans sa préface, il entreprend de réhabiliter Machiavel en renversant la lecture commune : « Machiavel, qu’on fit passer partout pour un maître de la tyrannie, l’a détestée plus que pas un homme de son temps », soutenant que Le Prince dit ce que les princes font, et non ce qu’ils doivent faire, et constitue ainsi une critique de leur politique plutôt qu’un manuel du tyran. Cette traduction commentée connut deux éditions supplémentaires (1686, 1692) et fut celle qu’utilisa Frédéric II de Prusse pour son Antimachiavel (La Haye, 1741), annoté par Voltaire. Très bon exemplaire en reliure d’époque. Brunet, III, 1277 ; Bertelli-Innocenti, XVII, n° 79 ; Cioranescu, XVIIe, n° 7109 ; Suzanne Guellouz, « Du bon usage des textes liminaires. Le cas d’Amelot de la Houssaye », pp. 261-275.
Réf : 44843


