LANJUINAIS (Joseph de).

Le Monarque accompli, ou Prodiges de Bonté, de Savoir et de Sagesse, qui font l'éloge de Sa Majesté Impériale Joseph II, et qui rendent cet Auguste Monarque si précieux à l'Humanité, discutés au Tribunal de la raison & de l'équité.

A Lausanne,
chez Jean-Pierre Heubach,
1774.
3 vol. pet. in-8 de (4)-398 pp. ; 247 pp. ; 302 pp., demi-basane violine, dos lisse orné (relié vers 1820).

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A Lausanne, chez Jean-Pierre Heubach, 1774.

3 vol. pet. in-8 de (4)-398 pp. ; 247 pp. ; 302 pp., demi-basane violine, dos lisse orné (relié vers 1820).

Édition originale de « ce véritable code de l’humanité » selon l’auteur lui-même dans son Supplément à l’Espion anglais (1781). L’éloge de Joseph II n’est pour Joseph de Lanjuinais qu’un cadre dans lequel il expose ses opinions sur différentes matières de philosophie et d’économie politique. L’ouvrage se clôt sur une profession de foi déiste : « Ce n’est pas par les discours des chrétiens qu’il faut juger les déistes de nos jours. C’est par leurs œuvres. Le seul Voltaire a donné des exemples de toutes les vertus. » Imprimé hors de France mais vendu à Paris, le livre attira deux ans après sa parution l’attention de Séguier, avocat général, qui le 7 mai 1776, à la suite d’un réquisitoire, en obtint la proscription comme séditieux (Dictionnaire des journalistes, notice Lanjuinais). « Le Monarque accompli fut condamné par le Parlement à cause de la violence de certaines tirades. Ses doctrines sociales sont en grande partie empruntées à Linguet, dont il reproduit de longs passages sans le citer. Il y a de fréquentes déclamations contre l’extrême inégalité. La société est nécessaire. Toutefois l’homme en société est un esclave qui travaille sans cesse à user ses chaînes. Il s’emporte sur le luxe qui divise la nation en deux classes ennemies : un petit nombre de propriétaires fait la loi à une infinité de journaliers, dont le salaire se trouve réduit à un strict minimum. Repartager les terres est impossible. L’État est donc forcément entraîné à sa ruine » (Lichtenberger). Par ailleurs, Lanjuinais demande « à grands cris la tolérance religieuse, l’abolition de l’esclavage, la suppression graduelle des couvents » (ibid.), tout en divergeant des physiocrates sur le commerce des blés et la noblesse commerçante. Bon exemplaire. INED, 2587 ; Dictionnaire des journalistes du XVIIIe siècle ; Lichtenberger, Le Socialisme au XVIIIe siècle.

Réf : 514

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