[RESTIF DE LA BRETONNE (Nicolas-Edme)].

Le Ménage Parisien, ou Déliée et Sotentout.

La Haye (Rouen et Paris),
s.n. (Leboucher, De Hansy),
1773.
2 parties en 1 vol. in-12 de (10)-186-XXXII pp., (2)-186 pp. (XXXIII-) XCII-(8) pp., basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l’époque).

2 000 

La Haye (Rouen et Paris), s.n. (Leboucher, De Hansy), 1773.

2 parties en 1 vol. in-12 de (10)-186-XXXII pp., (2)-186 pp. (XXXIII-) XCII-(8) pp., basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l’époque).

Édition originale imprimée à 1250 exemplaires. « Cet ouvrage est fort rare car il n’a jamais été réimprimé par l’auteur, ni contrefait » (Lacroix). Les feuillets liminaires dont le titre, la dédicace À mes pairs en sottise, l’épigraphe et les tables sont imprimés en rouge et noir. Les ennuis que ce texte connut avec la censure — alors même qu’il avait été examiné par Crébillon fils — proviennent de sa partie satirique : sous la rubrique d’Académie sotentoute, Restif s’en prend aux principaux hommes de lettres en place, ce qui ne fut pas du goût de la direction de la Librairie : « Un ouvrage chassant l’autre, Rétif se trouvait avoir mis la dernière main à une histoire vraie en deux parties, Le Ménage parisien ou Déliée et Sotentout « espèce de roman-farce dont le plan excellent lui avait ri ». C’est l’histoire de Mlle Déliée, fille des époux Cocus de Galanville, marchands de drap, et du cagneux Sotentout, Placius-Nicaise, fils des riches Sotentout, tailleurs. Explorant certains milieux de marchands parisiens, l’auteur vérifie cet ingénieur proverbe qu’on se répétait beaucoup alors : « Paris est le paradis des femmes, le purgatoire des hommes et l’enfer des chevaux, ces deux dernières espèces de créatures y étant fort malmenée. (…) Mais débordant le sujet initial, la seconde partie est toute d’épigrammes à l’adresse des gens de lettres et de théâtre. Devenu le riche époux de Déliée, qui se mue en Mme du Coeur Volant, le hideux Sotentout est recherché « par les littérateurs les plus huppés » auxquels il rend « tout le mépris que de temps immémorial les « esprités » – néologisme à la Rétif – ont marqué pour les sots, dont l’espèce fut toujours la plus avantageuse pour la société. Ici les complaisants ou « complaisantissimes » de Sotentout sont désignés en transparentes anagrammes : Siahcramuaaeb qui est Beaumarchais Nollibérc qui est Crébillon fils, Norérf qui est Fréron, La Chaussée, Collé, Goldoni, Piron, Mme Riccoboni, que Rétif n’admire plus, Mercier qui ne s’est pas occupé de lui encore, Sedaine, Chamfort, l’abbé de Voisenon » (Adolphe Tabarant, Le vrai visage de Rétif de La Bretonne) Exemplaire sans le feuillet d’errata qui manque à la plupart des exemplaires, suivi après la seconde partie de deux pièces non paginées citées par Lacroix (8 pages) Vers de Marmontel à Mlle Guimard et Envoi de cet ouvrage à ces Messieurs. Provenance F. M. Caye avec ex-libris. Bon exemplaire. Un mors restauré. Rives Childs, XI, p. 220 ; Lacroix, XI, p. 116.

Réf : 40615

Thème

Littérature

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