BARNAUD (Nicolas).

Le Cabinet du Roy de France, dans lequel il y a trois Perles precieuses d'inestimables valeurs : Par le moyen desquelles sa Majesté s'en va le premier Monarque du monde, & ses sujets du tout soulagez.

Sans lieu,
[Genève ?, Guillaume de Laimarie ?],
1581.
In-8 de (16)-647-(11) pp., maroquin vert à long grain, dos orné avec décor aux petits fers et aux mille points dans les caissons avec petite pastille mosaïquée rouge, roulette et filets dorés d’encadrement sur les plats, doublure et gardes de moire rose, tranches dorées (Rel. P. Bozérian).

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Sans lieu, [Genève ?, Guillaume de Laimarie ?], 1581.

In-8 de (16)-647-(11) pp., maroquin vert à long grain, dos orné avec décor aux petits fers et aux mille points dans les caissons avec petite pastille mosaïquée rouge, roulette et filets dorés d’encadrement sur les plats, doublure et gardes de moire rose, tranches dorées (Rel. P. Bozérian).

Édition originale fort rare de l’un des premiers grands traités français d’économie politique et de statistique financière, et l’un des grands textes polémiques du XVIe siècle loué par Agrippa d’Aubigné. La dédicace, signée des initiales N. D. C. (Nicolas de Crest, en Dauphiné), désigne Nicolas Barnaud (v. 1538-1604), médecin, alchimiste et pamphlétaire protestant dauphinois, membre de la mouvance des Monarchomaques. La ressemblance du style, du préambule et de l’épître dédicatoire avec les Secrets des finances de France, publiés sous le pseudonyme de Froumenteau, a conduit les bibliographes à attribuer les deux ouvrages au même auteur, Brunet supposant cependant que Froumenteau serait l’auteur principal, « parce que le préambule et la fin de l’épître dédicatoire de novembre 1581 sont conçus absolument de même que le Secret des Finances de France ». L’édition, dépourvue d’adresse et de nom d’imprimeur, a fait l’objet de plusieurs hypothèses d’attribution. Le répertoire de référence GLN 15-16 qui fait autorité pour les impressions de Suisse romande au XVIe siècle, note que l’édition est « dépourvue d’ornements permettant de confirmer son attribution à Genève » et suggère prudemment qu’elle « pourrait être de Guillaume de Laimarie comme les autres ouvrages de Barnaud de cette année ». Une seconde hypothèse, émise par Gay-Lemonnyer, propose une impression à La Rochelle dans un atelier typographique secret des réformés. La question reste donc ouverte. Violent pamphlet s’inscrivant dans la foulée des textes de combat nés après la Saint-Barthélemy, il tente de démontrer au roi Henri III que pour remédier au naufrage de son royaume, il peut avoir recours à trois perles magiques : la Parole de Dieu (la foi réformée), la vraie noblesse et le tiers état, qui doivent s’unir pour le conseiller. L’auteur dénonce le règne d’Henri III, ses mignons et le système fiscal de la Cour, et dresse un vaste plan de réorganisation financière fondé sur le soulagement du peuple et la confiscation des biens du clergé. L’ouvrage contient plusieurs longs poèmes satiriques en vers dodécasyllabiques sur les Indignitez de la Cour et les Blasons de la Cour. C’est dans la section ecclésiastique que Barnaud livre son célèbre calcul démographique provocateur : il évalue à dix millions le nombre de personnes vivant dans l’impiété et la débauche au sein de l’Église gallicane, dénombrant de manière fantaisiste et ordurière « quatre cent mille Putains Cardinales, Épiscopales, abbatiales, les vingt autres mille Putains des Chartreux et les cinq cent mille Maquëreaux et Maquerelles ». L’ouvrage fut supprimé et détruit avec soin lors de son apparition, pour avoir révélé plusieurs secrets relatifs au roi et à l’État » (Gay-Lemonnyer, I, 441). Bel exemplaire. Brunet, I, 1441 ; INED, 226 ; Haag, La France protestante, I, 251 ; Hauser, Sources de l’Histoire de France, III, 2342 ; Barbier, I, 469 ; Adams, B-219 ; GLN 15-16, n° 2966 ; Gay-Lemonnyer, I, 441 ; Goldsmiths, n° 213.

Réf : 43417

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