TRISTAN (Flora).

La Ville monstre. Par Madame Flora Tristan.

Paris ; Londres,
H.-L. Delloye, éditeur ; W. Jeffs, libraire,
1842.
In-8 de LI-(3)-412 pp., demi-basane havane, dos lisse orné de filets dorés (reliure de l’époque).

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Paris ; Londres, H.-L. Delloye, éditeur ; W. Jeffs, libraire, 1842.

In-8 de LI-(3)-412 pp., demi-basane havane, dos lisse orné de filets dorés (reliure de l’époque).

Première édition sous le titre La Ville monstre des Promenades dans Londres, dont l’édition originale avait paru le 16 mai 1840 chez le même éditeur Delloye et avait été aussitôt remise en vente avec la mention « deuxième édition ». En 1842, deux nouvelles éditions paraissaient : la présente, sous le titre La Ville monstre avec la mention de « troisième édition », et une édition populaire. Flora Tristan (Paris, 1803 – Bordeaux, 1844), fille d’un aristocrate péruvien et d’une mère française, militante socialiste et féministe, « pionnière de la libération des femmes et championne d’un socialisme émancipateur et fraternel » (François Bédarida), est aussi la grand-mère du peintre Paul Gauguin. Entre 1826 et 1839, elle effectua plusieurs séjours en Angleterre, observant la société britannique de la première révolution industrielle avec le regard d’une enquêtrice sociale et d’une militante. « À cette énorme masse de fumée surchargée de suie, qu’exhalent les milliers de cheminées de la ville monstre, se réunit un brouillard épais, et le nuage noir dont Londres est enveloppé ne laisse pénétrer qu’un jour terne et répand sur les objets comme un voile funèbre », l’image condense la double réalité que Flora Tristan entend dénoncer : la pollution industrielle et l’oppression sociale. L’ouvrage porte sur les marginaux et les exclus, délinquants, malades mentaux, prostituées, et offre des chapitres saisissants sur les prisons, les asiles, les taudis et les maisons de plaisir, tout en analysant les systèmes parlementaires et sociaux britanniques pour les comparer à ceux de France. « Sur les plans littéraires et sociologique, le meilleur livre de Flora Tristan, par sa composition, la rigueur de son étude, la sincérité de son témoignage. Si le ton frôle parfois celui du pamphlet, l’exposé ne cesse jamais d’être fondé sur l’observation des faits. En ce sens, aujourd’hui encore, l’ouvrage constitue un document dont l’intérêt n’a pas faibli. Il offre la peinture d’une société et d’une époque sous un éclairage brutal qui contraste singulièrement avec le charme romanesque des œuvres de Dickens » (Leprohon, p. 237). Deux ans après la parution de cet ouvrage, Flora Tristan mourait à Bordeaux en 1844, épuisée par sa tournée de propagande pour L’Union ouvrière. Pâles rousseurs sur les six derniers feuillets. Maitron, III, 472 ; Albistur-Armogathe, p. 283 ; Gay, III, 876 (pour l’originale) ; François Bédarida, introduction à l’édition Promenades dans Londres, La Découverte, 1978.

Réf : 3983

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