L'Héritier (Alexandre-Joseph).

La Messe pascale, poëme du Sr Alexandre Joseph L’Heritier Blaptheon E. L. E. D. C. D. R. juge garde en la moñoie de Paris, avec le texte latin, l'épître et les deux évangiles grecs et latins, des figures, des ornements, des inscriptions, de diverses langues, une préface latine et françoise et un monument dédicatoire à Dieu et au clergé. Le tout inventé et gravé au burin par l’auteur.

Paris,
1772.
In-8 sur un grand papier vergé (204 x 132 mm) de 2 ff.n.ch. (titre et frontispice), (1)-8-124 pp., figures et texte gravés, veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, triple filet doré d’encadrement sur les plats, filet doré aux coupes, roulette intérieure, tranches rouges (reliure de l’époque).

5 000 

Paris, , 1772.

In-8 sur un grand papier vergé (204 x 132 mm) de 2 ff.n.ch. (titre et frontispice), (1)-8-124 pp., figures et texte gravés, veau marbré, dos lisse orné, pièce de titre de maroquin rouge, triple filet doré d’encadrement sur les plats, filet doré aux coupes, roulette intérieure, tranches rouges (reliure de l’époque).

Remarquable recueil miniature entièrement gravé au burin composé d’un titre, un frontispice et 124 vignettes comprenant le texte liturgique latin de la messe pascale et sa traduction française versifiée en regard, celle-ci illustrée d’un cul de lampe différent à chaque feuillet. Contient une préface précédée d’un faux-titre et l’approbation de l’abbé Chrétien, censeur ecclésiastique, du 3 avril 1770. Le frontispice seul est signé et daté « Alexandre-Joseph L’Héritier 1772 ». « Près de vingt ans avant le premier livre enluminé de William Blake (1757-1827), Alexandre Joseph L’Héritier réalisa un ouvrage de style et de format similaires. On ne trouve aucune trace de L’Héritier dans les dictionnaires biographiques français de référence ni dans les sources d’histoire de l’art. Il semble s’agir de son unique oeuvre, ou du moins de la seule qui lui soit attribuée à ce jour. Contrairement à Blake, qui imprimait à partir de plaques de métal en relief, L’Héritier utilisa des plaques en taille-douce, gravant le texte en miroir et laissant des marques de plaque bien visibles sur chaque page. Imprimées à la main en petit tirage, les plaques sont de tailles et de formes irrégulières, parfois imprimées directement les unes sur les autres. L’Héritier s’est inspiré du texte liturgique latin (l’ordinaire de la messe pascale) pour ses illustrations, le paraphrasant en français sur les pages en regard. Certains passages du texte liturgique (introït Christus surrexit, etc.) diffèrent du missel romain. L’approbation du censeur ecclésiastique (p. 124) est datée du 3 avril 1770. Le botaniste, magistrat et bibliophile Charles Louis L’Héritier de Brutelle (1746-1800) était issu d’une grande famille aristocratique française, et il est possible qu’Alexandre ait été un de ses parents. Charles possédait une vaste bibliothèque et publia plusieurs ouvrages magnifiquement illustrés, en étroite collaboration avec le prolifique graveur Pierre Joseph Redouté (1759-1840). Alexandre aurait-il pu récupérer les fragments de plaques mis au rebut et les utiliser pour publier son propre livre ? Pure spéculation » (J. L. Mellby). Trois exemplaires recensés au Catalogue collectif de France (BnF, Troyes, Arts Déco) ; un exemplaire vendu aux enchères (13/10/2020, lot 121) possédait 1 portrait de Louis XIV et 1 feuillet de privilège qui ne se trouvent pas dans notre exemplaire. Légers frottements (mors), quelques très pâles rousseurs, discrètes restaurations. Quérard, V, 288 ; J. L. Mellby, Before Blake there was L’Héritier in Graphic Arts, Princeton University Library ; F. Bluche, Les magistrats de la Cour des Monnaies de Paris au XVIIIe siècle, 1966.

Réf : 44477

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