[Itinéraire manuscrit]. Plan de la Route de Paris à Dieppe par Pontoise Magny et Rouen. 1769.

1769.
Manuscrit in-8 oblong (23 x 20 cm), titre, table, remarques et 29 cartes à double page finement dessinées et aquarellées, maroquin vert, dos lisse orné, large dentelle dorée encadrant les plats, coupes filetées or, frise intérieure, gardes de soie rose, tranches dorées (reliure de l’époque).

15 000 €

, , 1769.

Manuscrit in-8 oblong (23 x 20 cm), titre, table, remarques et 29 cartes à double page finement dessinées et aquarellées, maroquin vert, dos lisse orné, large dentelle dorée encadrant les plats, coupes filetées or, frise intérieure, gardes de soie rose, tranches dorées (reliure de l’époque).

Superbe itinéraire entièrement dessiné et aquarellé figurant la route de Paris à Dieppe par Pontoise et Rouen, depuis le village de La Chapelle jusqu’à la Manche. Les cartes représentent avec une remarquable précision le réseau routier et son environnement immédiat : grandes routes et routes vicinales, chemins et sentiers, bois et forêts, étangs, rivières et ruisseaux, mais aussi villes, villages, hameaux, églises, fermes et bâtiments isolés. Le parcours passe notamment par Saint-Denis, Épinay, Franconville, Pontoise, Vigny, Magny, Hauteverne, Flumesnil, Mussegros, Fleury, Le Bourg Beaudoin, Franqueville, Rouen, le Val Martin, Varneville, Tôtes, Bennetot, Osmonville et Douxmenil, avant d’atteindre Dieppe. La dernière carte représente « la Manche ou le Canal ». L’intérêt exceptionnel de cet itinéraire réside également dans la précision de son système de représentation. Les cartes sont précédées de remarques méthodologiques détaillant les conventions employées : « La longueur de la route est divisée de mille en mille toises. Sur la généralité de Paris à compter du carrefour formé par la rue Neuve Notre-Dame et celle du Marché Pallu, où se trouve à peu près le centre de Paris […] Les lieux de 2400 toises à compter du même carrefour sont marqués […] Les Postes et leur nombre à compter de Paris sont marquées au-dessous du nom de chaque lieu où elles sont établies. Chemin pavé, chemin de gravelage, chemin ni pavé ni caillouté. Les objets remarquables que l’on peut apercevoir du chemin sont marqués hors la carte avec leurs distances prises perpendiculairement. » Le manuscrit constitue ainsi bien davantage qu’un simple itinéraire destiné au voyageur : il donne une véritable lecture fonctionnelle de la route, fondée sur les distances, les relais de poste, la nature des chaussées et les éléments remarquables visibles depuis le parcours. Ce type de représentation prend place dans l’important développement de la cartographie routière française au XVIIIe siècle, parallèle à la transformation du réseau des routes royales sous l’impulsion de l’administration des Ponts et Chaussées. Guy Arbellot a montré l’importance des plans de routes dressés par les ingénieurs et mis en relation cette documentation avec la grande carte de France dite de Cassini, entreprise à partir de 1750 à une échelle beaucoup moins détaillée. À partir de 1744, un bureau de dessinateurs fut notamment établi à Paris pour mettre au net les plans de routes dressés par les ingénieurs ; sous la direction de Jean-Rodolphe Perronet, cette production constitua progressivement une considérable documentation cartographique du réseau routier français. Cet itinéraire, daté de 1769, témoigne de la culture cartographique nouvelle en donnant, sur un axe précis entre Paris, Rouen et Dieppe, une représentation particulièrement détaillée de la route, de ses infrastructures et du territoire traversé. Très bel exemplaire, conservé dans une élégante reliure en maroquin vert de l’époque, de cet exceptionnel document manuscrit consacré à l’un des principaux itinéraires reliant Paris à la Normandie et à la Manche. Bibliographie : ARBELLOT (Guy), « La grande mutation des routes de France au XVIIIe siècle », pp. 765-791.

Réf : 43413

Thème

,

Panier