HERODOTE.

Histoire des neuf Livres de Hérodote d'Alicarnasse, Prince & premier des Historiographes Grecs, intitulez du nom des Muses. Plus un Recueil de George Gémist dict Pléthon, des choses avenuës depuis la journée de Mantinée, le tout traduict de Grec en François par Pierre Saliat.

Paris,
Claude Micard,
1579.
In-16 de (7)-364-280 ff. (sign. †8, a-z8, A-Y8, Z4, AA-ZZ8, AAa-MMm8), vélin souple à rabats, vestiges de lacets (reliure de l’époque).

7 500 

Paris, Claude Micard, 1579.

In-16 de (7)-364-280 ff. (sign. †8, a-z8, A-Y8, Z4, AA-ZZ8, AAa-MMm8), vélin souple à rabats, vestiges de lacets (reliure de l’époque).

Précieux exemplaire provenant de la bibliothèque de Françoise-Louise de Warens, dite Madame de Warens. Note autographe sur la page de titre : a Madame de Warens. Seconde édition de la traduction de Pierre Saliat, la première avait paru en in-folio en 1556, faite sur la version latine de Lorenzo Valla et complétée par le Recueil de George Gemisthe dit Pléthon, sur l’histoire des Grecs après la mort d’Épaminondas à Mantinée. Titre orné d’un bel encadrement Renaissance et marque typographique de C. Micard à la fin du premier cahier. Françoise-Louise de la Tour du Pil, baronne de Warens (Vevey, 31 mars 1699 – Chambéry, 29 juillet 1762), née dans une famille de petite noblesse protestante vaudoise, s’établit à Annecy en 1726 après avoir rompu avec son mari et s’être convertie au catholicisme sous la protection du roi de Sardaigne, dont elle devint parfois l’agent secret. « Intime de l’évêque d’Annecy, la baronne participa à la Contre-Réforme, accompagnant la conversion et l’établissement en Savoie de gens de toutes conditions. Liée avec des beaux esprits, adepte des Lumières, elle contribua au bien public en lançant fabriques et manufactures » (Anne Noschis, Madame de Warens, éducatrice de Rousseau, espionne, femme d’affaires, libertine, 2012). Elle ouvrit sa porte au jeune Jean-Jacques Rousseau le jour des Rameaux 1728, « J’arrive enfin ; je vois Mme de Warens. Cette époque de ma vie a décidé de mon caractère » (Les Confessions, Livre II), et devint pour lui « Maman » pendant quatorze années de formation intellectuelle et sentimentale. Elle mourut dans la pauvreté à Chambéry en 1762, et Rousseau n’en apprit la nouvelle que six ans plus tard. Le présent Hérodote, « prince et premier des historiographes grecs », témoigne de la culture classique d’une femme que Rousseau décrit dans ses Confessions comme « petite de stature » avec « de beaux yeux bleus », « un teint éblouissant » et « une gorge enchanteresse », portrait partiel que la biographie récente d’Anne Noschis a largement complété et nuancé. Anne Noschis, Madame de Warens, éducatrice de Rousseau, espionne, femme d’affaires ; François Mugnier, Madame de Warens et Jean-Jacques Rousseau.

Réf : 16647

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