, , 1909-1931.
831 lettres et cartes manuscrites.
Exceptionnel ensemble constituant la correspondance de Raymond Abescat (Auteuil, 10 septembre 1891 – Rueil-Malmaison, 25 août 2001), l’un des derniers Poilus français et, à sa mort à cent neuf ans, doyen mondial des anciens combattants de la Grande Guerre. La correspondance couvre principalement les années 1912-1919, depuis l’incorporation de Raymond Abescat au 113e régiment d’infanterie de Blois en octobre 1912 jusqu’à sa démobilisation en mai 1919, adressée principalement à ses parents parisiens. Elle constitue un témoignage exceptionnellement continu sur le parcours d’un jeune soldat, depuis le service militaire avant-guerre jusqu’aux combats, à la blessure, à l’hospitalisation et aux années de convalescence. Dès le 1er août 1914, il écrit à ses parents : « Vous devez sans doute le savoir au moment où vous aurez ma lettre, l’ordre de mobilisation générale est lancé. Il est arrivé ici ce soir à 4h 1/2. Toute la journée nous l’attendions. L’exercice comme je vous le disais dans ma dernière lettre est un exercice pour de bon. » Son régiment est engagé sur le front belge ; sa compagnie subit des pertes considérables à Signeulx avant d’être envoyée en Argonne, dans le secteur de Lavoye. En avril 1916, il prend part aux combats du bois de la Caillette, puis le 24 octobre 1916 à la reprise du fort de Douaumont : « Les nouvelles sont excellentes ici et les Boches prennent une bonne pilule. Dès hier, l’attaque n’était pas commencée que les prisonniers rappliquaient en quantité. Tous sont très jeunes et un grand nombre ont les pieds gelés. » Moins d’un mois plus tard, le 16 novembre 1916, il est grièvement blessé par des éclats d’obus à la jambe et au pied, opéré à Verdun, transféré à l’hôpital Carnot de Dijon où il échappe de peu à l’amputation. Le 23 novembre : « Il n’y a pas de changement depuis ma dernière lettre. Mon pied suppure toujours mais moins. Chaque matin je suis pansé. » De 1917 à 1919, convalescent mais mobilisé, son courrier part successivement de l’hôpital 48 de La Chapelle-Saint-Mesmin, de Narbonne, Blois, Romorantin, Saint-Mesmes et Chartres, avec le grade de brigadier au 67e régiment d’artillerie. La correspondance documente ainsi la vie quotidienne d’un soldat mobilisé, combats, blessures, soins hospitaliers, rééducation, difficile retour à la vie civile, sur l’ensemble du conflit. Après la guerre, Abescat entra sur concours à la Caisse des dépôts et consignations, prit sa retraite en 1957 et s’engagea comme secrétaire de la Fraternelle des anciens combattants de Puteaux. Titulaire de la médaille militaire et chevalier de la Légion d’honneur, il mourut le 25 août 2001, seize jours avant son cent dixième anniversaire. « Avec sa disparition, c’est une grande page d’histoire qui se tourne » (Emmanuel Potiron, Le Parisien, 28 août 2001). Emmanuel Potiron, « Le doyen mondial des poilus s’est éteint », Le Parisien, 28 août 2001 ; Clémentine Vidal-Naquet, Correspondances conjugales 1914-1918.
Réf : 43739
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