Paris, Dabin, 1801.
In-8 de (4)-437-(1) pp. Examen critique du Poëme de la Pitié, de Jacques Delille, précédé d’une notice sur les faits et gestes de l’auteur et de son Antigone. A Paris, chez Dabin, 1803. Frontispice colorié hors-texte. In-8 de (4)-200 pp. 2 pièces reliées en 1 vol. in-8, veau havane marbré, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin vert, tranches jaspées (reliure de l’époque).
Éditions originales des trois pièces, ornées chacune d’un frontispice allégorique colorié. Pierre-Jean-Baptiste Chaussard (Paris, 1766 – 1823), avocat, commissaire du pouvoir exécutif en Belgique vers 1792, chef des bureaux du Comité de salut public, puis secrétaire général de l’Instruction publique, il avait pris pendant la Révolution le prénom de Publicola, est aussi auteur d’un Essai philosophique sur la dignité des arts (an VI) et du Nouveau Diable boiteux (an VII). Ses convictions républicaines ne sont pas étrangères à son peu de sympathie pour Jacques Delille (1738-1813), l’abbé poète qui avait traduit les Géorgiques de Virgile et publié en 1800 L’Homme des champs, immédiatement couronné par un succès public considérable. Le présent recueil réunit les deux critiques que Chaussard consacra successivement à Delille, L’Homme des champs (1801) et La Pitié (1803), ainsi que la réponse de Delille lui-même. Chaussard reproche à Delille d’avoir transformé la description poétique en inventaire : « Vous trouverez dans tous les poèmes de cet auteur des descriptions ou des définitions de parties au lieu de traits et de tableaux, des pensées à la place des images, des maximes au lieu de sentiment. » La pièce publiée en 1817 confirme la constance de cette animosité, Chaussard visant encore Delille dans son portrait d’Arcas, « bel esprit qui n’invente jamais [mais] toujours décrit » et « ne doit son succès qu’à ses accointances » (Université de Bâle, Projet Delille). L’Examen critique du Poëme de la Pitié (1803) est accompagné d’une notice sur Antigone de Delille, et suivi de la réplique de Delille : Point de pitié pour la pitié, avec l’Épître sur l’amour de la patrie du cardinal de Bernis en appendice (pp. 37-42). Très bel exemplaire parfaitement établi à l’époque.
Réf : 4905
