, , 1889-1892.
Précieux témoignage du travail de composition d’Aristide Bruant (Courtenay, 1851 – Paris, 1925), créateur de la chanson réaliste argotique, immortalisé par les affiches de Toulouse-Lautrec, fondateur du cabaret Le Mirliton (1885-1896) et auteur du recueil Dans la rue — au moment précis où il forge les chansons qui feront sa légende. « Je tiens Aristide Bruant comme le descendant en ligne directe et légitime de Villon. Ce poète sincère jusqu’au cynisme, mais non sans tendresse, cherche ses inspirations dans le ruisseau » (François Coppée). « La caractéristique du succès particulier de Bruant, c’est qu’il a su à la fois devenir l’idole des misérables et se faire admettre par les autres » (Oscar Méténier). Épreuves corrigées de 5 chants d’escarpes et de pègres : Laquereaumuche — Chant du départ des relégués — J’ai débuté à la Courtille — On les pendra — Adieu Paris. Épreuves corrigées de 11 chansons : Au Bois de Boulogne — A Mazas — Nini-peau-d’chien — Sur l’Boul’vard — Chant d’apaches — L’Enterrement — A Saint-Lazare — Belleville-Ménilmontant — Notre cinquantaine — La France — L’Impôt sur les revenus. Les épreuves corrigées des années 1889-1892 sont des témoignages rares du travail d’atelier de Bruant, dont les corrections autographes permettent de suivre l’élaboration du texte définitif de chansons qui deviendront les pièces maîtresses de son répertoire, Nini-peau-d’chien, A Saint-Lazare, Belleville-Ménilmontant notamment, publiées dans les livraisons du Mirliton (1885-1896) avant leur reprise dans Dans la rue (1889-1895). Sa méthode de travail, il « hantait les bas-fonds, s’imprégnant des réelles chansons de pègre » (Duneton), est ici visible dans les retouches lexicales et les additions de termes de langue verte. Oscar Méténier, Le Chansonnier populaire : Aristide Bruant, Paris, 1893 ; Delaplace, Bruant et l’argotographie française, Paris, Honoré Champion, 2004 ; Duneton, Histoire de la chanson française, Seuil, 1998.
Réf : 13836
