[Marana (Giovanni-Paolo)].

Dialogue de Genes, & d'Algers villes foudroyées, par les armes invincibles de Louis le Grand l'année 1684. Avec plusieurs particularitez historiques touchant le juste ressentiment de ce monarque, & ses pretentions sur la ville de Genes, avec les réponses des Genois. Traduit de l'italien.

Amsterdam,
Henry Desbordes,
1685.
In-16 de (4)-162 pp., veau blond glacé, dos orné à nerfs, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l’époque).

1 000 

Amsterdam, Henry Desbordes, 1685.

In-16 de (4)-162 pp., veau blond glacé, dos orné à nerfs, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l’époque).

Première édition française publiée l’année de l’originale italienne rédigée par l’historien génois Giovanni-Paolo Marana (1642?-1693). « Le bombardement de Gênes en 1684 par la flotte française eut un fort retentissement en Europe. On y vit la confirmation de la volonté hégémonique du roi de France. Contre toute attente, Dialogue de Genes et d’Algers, Villes foudroyées, par les Armes Invincibles de Louis le Grand, l’année 1684, ouvrage publié par Giovanni Paolo Marana, littérateur génois, se lit comme la prosopopée de deux villes assiégées et vaincues par le roi dont l’une, Alger, tente de convaincre la seconde, Gênes, de l’indéniable supériorité du souverain. Deux attitudes face aux ambitions guerrières du roi s’opposent : soumission et résistance. La révolte désespérée des Génois n’est pas perçue comme un acte héroïque mais comme une atteinte à la volonté divine. C’est la ville vaincue, détruite et soumise qui, dans un échange édifiant, fait l’apologie de l’humiliation. L’énumération de tous les manquements diplomatiques de Gênes permet d’en arriver à la conclusion que le châtiment est mérité. La ville insoumise sera donc détruite. Paru simultanément en italien et en français sur ordre de la cour, cet ouvrage fictionnel de propagande est destiné à une diffusion européenne. Il a d’autant plus de force que s’y lit la prise de position d’un Génois pour « l’ennemi » de son peuple. Ce Dialogue atteste surtout de la volonté royale d’asseoir sa légitimité dans l’espace méditerranéen » (Olivia Ayme). Provenance : Noël Pinelli (1881-1970), avocat, conseiller de Paris, conseiller général de la Seine (ex-libris). Bel exemplaire. Bourgeois et André, VIII, 8740 ; Olivia Ayme, Le Dialogue de Genes et d’Algers de G. P. Marana, outil de propagande au service de l’hégémonie française en Méditerranée, Cahiers de la Méditerranée, 86 | 2013, 65-73.

Réf : 41541

Thème

Histoire

Panier