Paris, E. Collin, Renouard, Bernard, Magimel, 1806-1808.
2 vol. in-4 de (6)-VII-316 et (4)-XVI-358 pp., portrait-frontispice gravé par B. Roger d’après Bouché, 1 tableau dépliant et 67 planches dépliantes gravées par Michel ou Collin, maroquin cerise, dos lisse ornés alternativement de semis de mouchetures dorées et d’ancres marines dans un encadrement losangé de pointillés et rameaux dorés, très large encadrement de double guirlande dorée sur les plats, l’une enserrée entre de doubles filets dorés, l’autre regardant le centre des plats avec petites ancres dorées en écoinçon, chiffre inséré dans un blason de duc au centre, guirlande dorée sur les coupes, tranches dorées, dentelle intérieure, gardes doublées de tabis vert Empire (reliure de l’époque).
Unique édition de ce recueil tiré à petit nombre à l’initiative de Dubois d’Arnouville et réservé aux souscripteurs, imprimé sur les manuscrits de l’auteur après sa mort. Louis-Alexandre de Cessart (Paris, 25 août 1719 – Rouen, 12 avril 1806) entra en 1747 à l’École royale des Ponts et Chaussées, fondée l’année même par Jean-Rodolphe Perronet, après avoir servi dans la Gendarmerie de la Maison du Roi et participé aux campagnes de 1743 à 1746, assistant aux batailles de Fontenoy et de Raucoux. Ingénieur de la généralité de Tours (1751), ingénieur en chef à Alençon (1757), puis à Rouen (1776), inspecteur général en 1783, il est l’un des grands ingénieurs hydrauliques du XVIIIe siècle, « spécialiste reconnu des travaux hydrauliques ». Le recueil réunit les études et mémoires de ses principales réalisations : Tome I : Pont de Saumur (1756), premier ouvrage qui lui valut sa réputation ; pont et quai de Rouen ; port du Havre ; port du Tréport ; Pont des Arts à Paris (1801), sa dernière réalisation, premier pont métallique de France. Tome II : Port de Dieppe ; rade de Cherbourg, son chef-d’oeuvre : chargé par Louis XVI en 1781 de construire une digue couvrant la rade, il imagina une solution inédite, utilisant d’immenses cônes en charpente remorqués et empierrés au large, qui firent sensation dans toute l’Europe technique. Exceptionnel exemplaire aux armes et chiffre de Denis Decrès (1761-1820), ministre de la Marine et des Colonies de 1801 à 1814 sous Napoléon, la présence des ancres marines dans la décoration dorée du dos confirme de façon quasi certaine l’attribution à ce marin de haut rang plutôt qu’à Duroc, Grand Maréchal du Palais, dont le chiffre D sous une aigrette ducale pourrait également convenir.
Réf : 6740



