Paris, , 1797.
2 pages in-4 manuscrites à l’encre brune, rédigées et signées par Cramer, contresignées par Mercier avec la mention autographe : « fait triple entre nous à paris ce vingt neuf brumaire l’an six de la République française approuvé l’écriture Mercier. Approuvé l’Écriture Ch. Fr. Cramer.».
Document inédit, contrat d’édition cédant à Friedrich Vieweg les droits du Nouveau Paris qui parut en 1799 à l’adresse Brunsvic & Paris, Frédéric Vieweg, Fuchs, Pougens, Cramer (Lacombe, Bibliographie parisienne, 388 ; éd. Jean-Claude Bonnet, Mercure de France, 1994). Les sept articles du contrat stipulent : (1) Mercier cède à Vieweg son Nouveau Tableau de Paris en quatre volumes d’environ vingt-cinq feuilles chacun pour impression à Berlin ; (2) il lui cède son droit d’auteur de poursuivre devant les tribunaux ; (3) Vieweg s’oblige à imprimer l’ouvrage dans le même format ; (4) il s’engage sur parole d’honneur à n’imprimer que 6 050 exemplaires ; (5) il paiera à Mercier soixante livres comptant par feuille ; (6) si les 6 050 exemplaires s’écoulent avant trois ans, un nouvel accord sera conclu ; (7) lors de la mise en vente, Vieweg enverra franco cinquante exemplaires gratis à Mercier à Paris. Louis-Sébastien Mercier (1740-1814) avait bénéficié, durant les trois dernières décennies du XVIIIe siècle, d’une « renommée colossale » outre-Rhin, où l’on lut et traduisit ses oeuvres, joua et adapta ses pièces, Le Déserteur, La Brouette du vinaigrier, Jeneval, qui influèrent sur l’esthétique du Sturm und Drang. Karl Friedrich Cramer (Quedlinburg, 7 mars 1752 – Paris, 8 décembre 1807), fils du théologien Johann Andreas Cramer, professeur de philologie à Kiel, s’était réfugié à Paris après avoir été destitué de sa chaire en 1794 pour avoir publié un hymne à la Révolution française. Il fit la connaissance de Mercier à Paris à la fin d’octobre 1795 et « noua avec lui les liens d’une exceptionnelle familiarité », fondée sur leur désir commun de promouvoir en France le goût de la littérature allemande. Ils publièrent ensemble en 1802 une traduction de La Pucelle d’Orléans de Schiller. Cramer assura la traduction annotée du Nouveau Paris pour Vieweg, traduction que la Neue deutsche Bibliothek accueillit sévèrement : « Citoyen Cramer, épicier et marchand de mots ! Comme vous traduisez souvent ! Comme vous violez et mutilez la langue allemande ! » Lacombe, Bibliographie parisienne, 388 ; Jean-Claude Bonnet (éd.), Le Nouveau Paris, Paris, Mercure de France, 1994 ; Alain Ruiz, « Carl Friedrich Cramer, exilé politique et traducteur à Paris », in Migration, exil et traduction.
Réf : 41482
