Versailles Ph.-D. Pierres, Paris, Bossange, Masson et Besson, 1805.
In-8 de XVI-114 pp., basane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre rouge, double filet doré d’encadrement sur les plats (reliure de l’époque).
Édition originale très rare. Charité appartient aux derniers travaux de Louis-Sébasien Mercier, 65 ans en 1805, membre de l’Institut depuis 1795 et auteur sous l’Empire d’une Néologie ou Vocabulaire de mots nouveaux (1801), Histoire de France, depuis Clovis jusqu’au règne de Louis XVI (1802) de Satyres contre les astronomes (1803), de La Maison de Socrate le sage, comédie en cinq actes (1809). « Il n’y a pas de jouissance comparable à celle de se sentir le coeur bon : cette doctrine s’exprime de la façon la plus béate dans Charité, opuscule que Louis-Sébastien Mercier publie en 1805. Mercier tient pour ce mot de charité bien qu’il reproche aux prêtres de ne savoir faire l’aumône ; nombreux pourtant sont ceux qui veulent remplacer l’ancien mot par bienfaisance. La vie morale n’est plus qu’une délectation supérieure, par laquelle le coeur se fond en larmes, l’âme se rassasie du sentiment de son excellence. “Tout bon vouloir est charité commencée”. Aux drames de Mercier, quand tous les spectateurs tirent leur mouchoir, “il n’y a plus de méchant dans le parterre”. Nous devenons plus parfaits à mesure que nous nous sentons plus parfaits. Cette méthode fut-elle illusoire, tout est préférable à la sécheresse de l’incrédulité. “Orgueilleux ou incrédule, si tu peux verser une seule larme, te voilà guéri” » (Monglond, Le Préromantisme français, p. 397). Unique exemplaire conservé à la BnF ; aucun exemplaire au Catalogue collectif de France. Quérard, VI, 58 ; Ined 3137bis ; Granier, Essai de bibliographie charitable, n°13 ; Bonnet, Mercier un hérétique en littérature, p. 482.
Réf : 40261
