PILOTELL.

Avant Pendant et Après la Commune. Croquis & Caricatures à l'eau-forte par Pilotell, ex directeur des Beaux Arts, ex Commissaire Spécial de la Commune, Condamné à mort par le 3èm. Conseil des Assassins Versaillais (9 janvier 1874).

Londres,
Imp. Delatre, Howland st. 23,
1879.
20 planches en feuilles, couverture bleue illustrée.

3 000 

Londres, Imp. Delatre, Howland st. 23, 1879.

20 planches en feuilles, couverture bleue illustrée.

Dix-neuf planches et une table, le tout gravé à l’eau-forte sur papier vergé. Tirage à cinquante exemplaires ; celui-ci est l’un des vingt premiers, avec le nom de Delatre sur la couverture. « C’est la perle de la collection des caricatures de 1870-71 ; collection de toute rareté. » (Quentin-Bauchart, cité par Berleux, La Caricature politique en France pendant la guerre, le siège de Paris et la Commune). Le même Beraldi, dans Les graveurs du XIXe siècle (1891), juge la suite « insignifiante », jugement qui vise surtout, selon l’éditeur de la réédition, le titre « violemment intitulé » avec son rappel de la condamnation à mort par les « assassins de Versailles ». Georges Raoul Eugène Pilotelle (Poitiers, 17 février 1845 – Londres, 29 juin 1918), dit Pilotell, issu d’une famille bourgeoise de Poitiers, monta à Paris où il collabora aux journaux satiriques de l’opposition républicaine : Paris-Caprice, Le Bouffon, Le Charivari, Le Hanneton, La Rue de Jules Vallès. Le 8 février 1871, il lança La Caricature politique, paraissant deux fois par semaine. Sous la Commune, il s’autoproclama délégué pour les Beaux-Arts au musée du Luxembourg puis commissaire spécial, et procéda à des arrestations dont celle de Gustave Chaudey, journaliste fusillé le 23 mai 1871. En mai 1871, lors de la Semaine sanglante, il s’enfuit, se réfugia à Genève où il fréquenta d’autres Communards exilés dont Maxime Vuillaume, fut expulsé en juillet 1873, et gagna successivement Milan, Bruxelles, La Haye, Rotterdam, Augsbourg, avant de se fixer définitivement à Londres. Condamné à mort par contumace le 9 janvier 1874, il y entama une seconde vie plus prospère, dessinant pour les journaux de mode londoniens, créant des costumes pour les théâtres de Londres et de New York, et réalisant des portraits de Benjamin Disraeli, de la reine Victoria et de Thomas Carlyle. « Comme tout exilé politique, Pilotell menait une existence précaire et par l’édition d’eaux-fortes tentait d’améliorer un sort peu enviable. Ce qui est sûr, c’est que son album fut tiré à cinquante exemplaires, dont une dizaine à peine, éparpillés de par le monde, se sont conservés dans les bibliothèques privées. Un des exemplaires faisait partie de la collection du chancelier Bismarck » (Ch. Feld, préface à la réédition, Paris, 1969). Le Quillec, Bibliographie critique de la Commune de Paris 1871, n° 3635 ; Berleux, La Caricature politique en France pendant la guerre, le siège de Paris et la Commune ; Henri Beraldi, Les Graveurs du XIXe siècle, 1891.

Réf : 44942

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