[Akousmate. Ansacq. Beauvaisis. Manuscrit. 1732]. Treüillot de Proncour (Simon). Lettres sur l'Akousmate ou bruits aëriens d'Ansacq. Par M. Treüillot de Proncour, curé d'Ansacq.

1732.
In-12 de (1)-215 pp., veau marbré, pièce de titre en maroquin rouge, dos lisse orné à la grotesque, tranches rouges (reliure de l’époque).

6 500 

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In-12 de (1)-215 pp., veau marbré, pièce de titre en maroquin rouge, dos lisse orné à la grotesque, tranches rouges (reliure de l’époque).

Manuscrit unique réunissant le dossier de l’akousmate d’Ansacq, phénomène sonore extraordinaire qui troubla le Beauvaisis en 1730 et suscita pendant deux années une véritable controverse dans le Mercure de France. Dans la nuit du 27 au 28 janvier 1730, les habitants d’Ansacq, près de Clermont-en-Beauvaisis, déclarèrent avoir entendu dans les airs un bruit extraordinaire, composé d’une multitude de voix humaines, de cris, de rires et de sons d’instruments. Le phénomène se reproduisit quelques mois plus tard. Curé d’Ansacq et docteur en théologie, Simon Treüillot de Ptoncour entreprit une enquête auprès de ses paroissiens, recueillit leurs témoignages et chercha à déterminer avec précision la localisation et la propagation des sons. Son premier rapport parut dans le Mercure de France de décembre 1730, où apparaît pour la première fois le terme akousmate, formé du grec akousma, « ce qui est entendu ». Le Dictionnaire de Trévoux de 1752 le définit comme un terme « nouvellement inventé » pour désigner « un grand bruit semblable à celui de plusieurs voix humaines, & de différens instrumens » et renvoie expressément à l’épisode d’Ansacq. Le présent manuscrit rassemble les pièces de cette enquête et de la controverse qu’elle suscita : la Relation d’un bruit extraordinaire comme des voix humaines entendu dans l’air par plusieurs particuliers de la paroisse d’Ansacq, dédiée à Madame la Princesse de Conti ; puis les six lettres échangées autour du phénomène : à M. de La Roque (4 et 15 février 1731) ; lettre de réfutation (25 mars 1731) ; lettres de M. Lalouat de Soulaines (15 et 25 juin 1731), qui propose une explication fondée sur les mouvements de l’air et les conditions atmosphériques ; lettre de M. Capperon (20 juin 1731), qui attribue les sons à une « fermentation froide » dans les profondeurs de la terre, suivie des Réflexions de Lalouat et de la réponse de Capperon. La controverse témoigne d’une volonté remarquable, au début des Lumières, de soumettre un phénomène réputé prodigieux à l’observation et à l’examen des causes naturelles, passage exemplaire du registre du prodige à celui de la discussion savante. Provenance : Hyacinthe-Théodore Baron (1707-1787), médecin, membre de l’Académie royale des sciences et grand bibliophile ; Catalogue Joseph Techener. Bel exemplaire, très frais, conservé dans sa première reliure, d’une écriture fine et parfaitement lisible. Catalogue de la bibliothèque de feu M. Baron, 1788, n° 900 ; Techener, Description raisonnée d’une collection choisie d’anciens manuscrits, de documents historiques et de chartes, 1862, n° 191 ; Dictionnaire universel français et latin, vulgairement appelé Dictionnaire de Trévoux, Paris, 1752, art. Acousmate.

Réf : 43507

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