, , 1777.
Manuscrit in-4 de (2)-264-(3) pp., vélin vert, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l’époque).
Manuscrit inédit du mémoire couronné par l’Académie des sciences, arts et belles-lettres de Châlons-sur-Marne lors de son premier grand concours, en 1777, sur la question : « Moyens de détruire la mendicité en rendant les mendiants utiles à l’État sans les rendre malheureux. » L’Académie de Châlons inaugurait alors une remarquable série de concours consacrés aux grandes questions économiques, sociales et administratives du royaume. Entre 1777 et 1792, vingt-huit questions furent ainsi proposées, dont plusieurs portèrent directement sur la pauvreté, le travail, l’administration provinciale, l’agriculture ou l’éducation. Le concours connut un retentissement exceptionnel, 118 mémoires soumis, Condorcet l’encourageant dans une lettre au secrétaire perpétuel de l’académie le 8 octobre 1777, et fit de Châlons l’un des lieux provinciaux où s’élaborait, à la veille de la Révolution, une réflexion nouvelle sur les rapports entre pauvreté, travail, assistance et administration. Le prix fut attribué au Dr Louis Clouet de Verdun, tandis que les abbés Charles Leclerc de Montlinot et Jean-Baptiste Blanchard obtinrent les accessits ; quatorze autres mémoires furent distingués par l’Académie. Louis Clouet, docteur en médecine de la Faculté de Montpellier, conseiller du Roi et son médecin ordinaire à Verdun, médecin de l’hôpital militaire et des hôpitaux de charité de cette ville, avait auparavant été médecin consultant ordinaire du roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar. Son mémoire est divisé en trois parties : la première dresse un état de la mendicité et de ses causes ; la deuxième examine les différents remèdes employés jusqu’alors ; la troisième propose une politique générale fondée sur une meilleure administration des aumônes, la subsistance des invalides et la mise au travail des mendiants valides. Clouet ne se contente pas d’envisager la répression de la mendicité : il cherche à transformer le pauvre en sujet utile de l’administration, en combinant assistance et travail. Adams souligne que Clouet « semble avoir particulièrement retenu l’attention des juges par la forme réglementaire donnée à ses propositions » (Bureaucrats and Beggars). L’intérêt exceptionnel de ce manuscrit tient à son caractère inédit. L’Académie ne publia pas le mémoire primé : elle confia à l’abbé Pierre-Claude de Malvaux, vicaire général de Châlons et membre du jury, le soin d’établir une synthèse des mémoires reçus. Celle-ci parut en 1779 sous le titre Résumé des mémoires qui ont concouru pour le prix accordé en l’année 1777, puis dans une édition revue, corrigée et augmentée en 1780 sous le titre Les Moyens de détruire la mendicité en France. Le présent manuscrit donne ainsi accès à la pensée propre du lauréat avant son intégration dans la vaste synthèse de Malvaux, précieux document sur les conceptions de l’assistance, du travail et de la pauvreté dans la France des dernières années de l’Ancien Régime. Daniel Roche, « La diffusion des Lumières. Un exemple : l’Académie de Châlons-sur-Marne » ; Thomas McStay Adams, Bureaucrats and Beggars: French Social Policy in the Age of the Enlightenment, chap. IX, pp. 187-211 ; Pierre-Claude de Malvaux, Résumé des mémoires qui ont concouru pour le prix accordé en l’année 1777.
Réf : 16573

![[Académie de Châlons. Mendicité. 1777]. CLOUET (Louis). Discours sur la Mendicité Couronné par l'Académie des Sciences, Art et Belles Lettres de Chaalons sur Marne dans sa Séance du 25 août 1777. – Image 2](https://bonnefoi-livres-anciens.com/wp-content/uploads/2026/09/16573_2.jpg)