A Paris, chez Rollin, Fils, 1753.
In-12 de 347 pp., basane fauve, dos orné à nerfs (reliure de l’époque).
Septième édition, en partie originale, « augmentée de plus de la moitié », de l’oeuvre qui valut à son auteur l’une des querelles les plus retentissantes du siècle des Lumières. Laurent Angliviel de La Beaumelle (1726–1773), homme de lettres protestant, professeur de littérature française à l’Université de Copenhague (1748-1751), publia la première édition de Mes Pensées, ou le Qu’en dira-t-on ? à Copenhague en 1751, « ouvrage dans lequel certains lecteurs pouvaient déceler des connexions entre le calvinisme tel que le concevait La Beaumelle et le républicanisme, alors considéré comme une très grande hérésie politique » (Musée protestant). L’ouvrage comporte une réflexion sur Voltaire et Frédéric II de Prusse qui ulcéra Voltaire et déclencha entre eux une haine implacable : « Il y a eu de plus grands poètes que Voltaire ; il n’y en eut jamais de si bien récompensés, parce que le goût ne met jamais de bornes à ses récompenses. Le roi de Prusse comble de bienfaits les hommes à talents, précisément par les mêmes raisons, qui engagent un prince d’Allemagne à combler de bienfaits un bouffon ou un nain » (pensée XLIX). Voltaire jugea cette pensée offensante envers Frédéric II et contre lui-même, et la querelle ne cessa qu’avec la mort de La Beaumelle. La présente édition parisienne de 1753 parut alors que La Beaumelle était emprisonné à la Bastille (24 avril – 12 octobre 1753) pour avoir annoté et réédité le Siècle de Louis XIV de Voltaire, Voltaire ayant contribué à le faire arrêter. Claude Lauriol, La Beaumelle : un protestant cévenol entre Montesquieu et Voltaire ; Voltaire Foundation, Correspondance générale de La Beaumelle.
Réf : 946
