A Londres, , 1750-1751.
2 parties en 1 vol. in-12 de (6)-252 pp. et (2)-VI-232 pp. PUISIEUX (Madeleine d’Arsant de). Conseils à une Amie. Par Madame de P***. Sans lieu, 1750. In-12 de XIX-(1)-194 pp. Ensemble 1 vol. in-12, veau havane marbré, dos à nerfs orné, triple filet doré d’encadrement sur les plats, pièces de titre en maroquin rouge, tranches marbrées (reliure de l’époque).
Nouvelle édition des Caractères et deuxième édition des Conseils à une amie de Madeleine d’Arsant de Puisieux (1720-1798), autrice aujourd’hui reconnue par la critique féministe comme une figure majeure des Lumières pour ses prises de position en matière d’éducation féminine (Alice Laborde, Diderot et Madame de Puisieux). Madeleine de Puisieux avait rencontré Diderot en 1745 ; leur liaison dura cinq ans. La question de la collaboration de Diderot aux Conseils à une amie et aux Caractères, il ne revendiquait qu’avoir « corrigé l’orthographe », n’est toujours pas définitivement tranchée. « C’était un auteur ambitieux, rempli de vanité et de prétention intellectuelle, comme le montrent ses diverses préfaces et introductions, qu’irritait fort l’idée qu’elle ait cherché auprès de Diderot quelque aide littéraire » (Wilson, p. 55). Elle-même se défend dans le discours préliminaire de la deuxième partie, « étonnée seulement de rencontrer la méchanceté et l’envie ». Déçue par la rupture de 1750, Madeleine de Puisieux donna en 1751 une suite aux Caractères dans laquelle elle évoque Diderot à plusieurs reprises, à travers ce portrait en creux : « L’élévation de l’esprit est la marque de la grandeur d’âme. […] mais où vais-je prendre ce portrait ? en est-il de semblable ? oüi, j’en connois un, qui en approchera, quand tout entier à la Philosophie il aura sacrifié son ambition à son repos & à ses amis. » On lui attribue également les textes féministes La Femme n’est pas inférieure à l’homme (1750) et Le Triomphe des dames (1751), longtemps attribués à son mari. Le discours préliminaire des Conseils contient cet avertissement resté célèbre : « La plupart des femmes n’étant faites que pour boire, manger, dormir, mettre des enfans au monde, jouer, tromper leurs amans, leurs maris, leurs directeurs, & médire de leurs semblables ; ces maximes leurs sont inutiles ». Provenance : Mandar-Morin, collectionneur français de livres et d’ex-libris ; Louis Jouvet (Bibliothèque Louis Jouvet : souvenirs et objets personnels, 2005, n°36). Bel exemplaire. Quérard, VII, 373 ; Cioranescu, II, 51618.
Réf : 5506
