[Franc-maçonnerie. Loge Encyclopédique de Toulouse. Manuscrit]. Rite Français des Haut Grades.

S.l.n.d. (Paris, Toulouse,
circa 1801-1805).
16 cahiers de grades en 4 vol. in-4 manuscrits (205 x 254 cm) à pagination multiple de 3 à 8 pp. chaque cahier, demi-basane brune, dos lisse muet, titre doré sur le plat supérieur (Sévère Inspecteur, Grand Inspecteur, Orateur et Très Sage), couvertures des grades noir, orange, vert et rose conservées avec leur pièces de titre manuscrites dans chaque volume (reliure de l’époque).

5 000 €

S.l.n.d. (Paris, Toulouse, , circa 1801-1805).

16 cahiers de grades en 4 vol. in-4 manuscrits (205 x 254 cm) à pagination multiple de 3 à 8 pp. chaque cahier, demi-basane brune, dos lisse muet, titre doré sur le plat supérieur (Sévère Inspecteur, Grand Inspecteur, Orateur et Très Sage), couvertures des grades noir, orange, vert et rose conservées avec leur pièces de titre manuscrites dans chaque volume (reliure de l’époque).

Exceptionnel jeu d’officiers ou rituel complet des quatre Haut Grades établi pour la célèbre Loge Encyclopédique de Toulouse (cachet répété « Loge et Société Encyclopédique de Toulouse »), visé et timbré par Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau et Augustin-Charles Dubin de Saint-Léonard en sa qualité de Garde des Timbres et Sceaux du Grand Orient de France. Il est composé de quatre volumes distincts, chacun attribué à un officier du Chapitre d’Élu (Très Sage, Grand Inspecteur, Sévère Inspecteur et Orateur), contenant ses répliques, ses interventions et les instructions nécessaires à sa charge : rituel de direction des travaux, formule d’obligation (serment), catéchisme de réception et secrets du grade (signes, mots, attouchements), répliques, devoirs et commandements du Premier Surveillant du Chapitre et du Second Surveillant du Chapitre, (pour l’Orateur:) texte intégral du « Discours Historique » du grade. Avant la Révolution, la France comptait des centaines de « Hauts Grades » fantaisistes vendus par des colporteurs de rituels. En 1784, la Chambre des Grades du Grand Orient de France, sous l’impulsion décisive d’Alexandre-Louis Roëttiers de Montaleau (1748-1808), décide de faire le tri. Elle synthétise l’ensemble en quatre Ordres essentiels. Le travail est achevé en 1786, mais la Révolution éclate. Les loges ferment, les maçons se cachent. Roëttiers de Montaleau sauve clandestinement les archives de l’obédience. Lorsque la maçonnerie reprend ses droits, le Grand Orient veut immédiatement reprendre le contrôle pour éviter les dérives. En 1801, il fait imprimer les textes officiels sous le nom de Le Régulateur des Chevaliers Maçons et exige que toutes les loges de province abandonnent leurs anciens rituels locaux pour adopter les textes officiels du Rite Français codifiés à Paris. Bien que les textes soient imprimés en 1801, de nombreux chapitres de province ou dignitaires parisiens préféraient commander ou conserver des copies manuscrites officielles, jugées plus traditionnelles et prestigieuses. En tant que Garde des Timbres et Sceaux du G.O.D.F., Augustin-Charles Dubin de Saint-Léonard (1750-1826) contresignait et scellait ces cahiers pour certifier qu’ils étaient conformes au texte de Montaleau. La Loge et Société Encyclopédique de Toulouse obtempère. Fondée en 1787, à la veille de la Révolution, cette célèbre loge qui compta Bertrand Barère de Vieuzac parmi ses présidents, présentait une double identité typique du Siècle des Lumières : la Loge (Société fermée) pratiquait les rituels maçonniques traditionnels et s’était rattachée au Grand Orient de France. La Société Encyclopédique (Société ouverte) était une émanation académique et littéraire de la loge qui fonctionnait comme un « Musée » ou un athénée, combinant l’art maçonnique avec l’étude des sciences, de la philosophie et des arts. Pendant la Révolution, pour continuer à se réunir légalement face aux autorités civiles, la société a fusionné ses deux visages sous le titre unique : «Loge et Société Encyclopédique» (cachet). L’atelier a traversé la Terreur en sommeil avant de se réveiller sous le Consulat et l’Empire, période où la franc-maçonnerie toulousaine a connu un immense essor. Daniel Ligou, Dictionnaire de la franc-maçonnerie, Paris ; Pierre Mollier, La réunion du Grand Chapitre Général de France au Grand Orient de France, Renaissance traditionnelle, n° 115-116, pp. 73-102 ; Michel Taillefer, Études sur la sociabilité à Toulouse et dans le Midi toulousain de l’Ancien Régime à la Révolution.

Réf : 45072

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