TOUSSAINT (François-Vincent).

Les Moeurs.

1748.
3 tomes en 1 vol. in-8 à pagination continue de 1 frontispice gravé, (32)-122 pp. ; (2)-123-386 pp. ; (2)-387-547 pp., maroquin vert, dos lisse orné à froid, filet à froid sur les plats, tranches dorées (reliure de l’époque).

2 500 

, , 1748.

3 tomes en 1 vol. in-8 à pagination continue de 1 frontispice gravé, (32)-122 pp. ; (2)-123-386 pp. ; (2)-387-547 pp., maroquin vert, dos lisse orné à froid, filet à froid sur les plats, tranches dorées (reliure de l’époque).

Deuxième édition publiée la même année que l’originale, qui connut treize réimpressions en 1748, d’un livre « lacéré et brûlé par la main du bourreau ». Frontispice gravé en regard du titre, vignette gravée en tête de chaque partie, fleuron répété sur chaque titre. Précieux exemplaire annoté à l’époque, levant les masques des pseudonymes : Damis = l’abbé Aubourg ; Lais = Mlle Gaussin de la Comédie française ; Irène = reine de France élevée dans un couvent de Strasbourg ; Cloé = la marquise de Pompadour ; Cléon = feu le duc d’Orléans ; Rosine = la duchesse du Maine, etc. Drujon signalait dans sa Bibliographie des livres à clefs (n° 646) : « Il paraît que quelques contemporains essayèrent de lever les masques ; mais à moins de trouver un exemplaire annoté, nous ignorerons sans doute toujours qui étaient : Orgaste, Polydamas, Lysippe, Léonore, etc. » Ce manuscrit est l’un de ces exemplaires exceptionnels. François-Vincent Toussaint (Paris, 21 décembre 1715 – 22 juin 1772), avocat passé au monde des lettres, collaborateur de Diderot pour la traduction du Dictionnaire de médecine de James (Paris, 1746-1748) et fournisseur de plus de quatre cents articles de jurisprudence pour les deux premiers volumes de l’Encyclopédie, publia Les Moeurs sous le pseudonyme de Panage, traduction en grec de son propre nom, avec une dédicace à Madame A.T.***. L’arrêt du Parlement de Paris du 6 mai 1748 condamna l’ouvrage « contraire aux bonnes moeurs, scandaleux, impie et blasphématoire », lui reprochant « d’établir la Religion naturelle sur les ruines de tout culte extérieur et d’affranchir l’homme des lois divines et humaines, pour les soumettre uniquement à ses propres lumières ». Toussaint échappa aux poursuites grâce à l’intervention du comte de Caylus auprès de Maurepas (Cairn, 2022). Cette condamnation rendit le livre extrêmement populaire : « Je suis enfin parvenu à avoir le livre des Moeurs que l’arrêt du 6 mai a rendu bien rare et très cher » (Barbier) ; « Un seul exemplaire passe rapidement dans cinquante mains » (Dictionnaire des journalistes). Toussaint regretta toute sa vie de l’avoir écrit. En 1764, Frédéric II l’appela à Berlin pour occuper une chaire à l’Académie militaire. Il mourut en 1772 dans la pauvreté. Cohen-De Ricci, 995 ; Drujon, Les Livres à clefs, 646 ; Brunet, III, 1788 ; Barbier, III, 322 ; Françoise Weill, Livres interdits, Livres persécutés, 554 ; Dix-huitième siècle, 2022/1, pp. 533-555, « François-Vincent Toussaint, Voltaire, et la Clef inédite du livre des Moeurs » ; Dictionnaire des journalistes, 776.

Réf : 39757

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