[Paul (critique d'art)].

Sur la peinture, ouvrage succinct, qui peut éclairer les artistes sur la fin originelle de l'art, & aider les citoyens dans l'idée qu'ils doivent se faire de son état actuel en France ; avec une replique à la réfutation insérée dans le Journal de Paris, n°263.

La Haye, Paris,
Hardouin,
1782.
In-12 de VIII-143 pp., veau fauve, dos lisse, titre doré en long, armes sur les plats (reliure du XIXe siècle).

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La Haye, Paris, Hardouin, 1782.

In-12 de VIII-143 pp., veau fauve, dos lisse, titre doré en long, armes sur les plats (reliure du XIXe siècle).

Édition originale, attribuée au critique d’art Paul (Barbier). Cet ouvrage anonyme, suscité en partie par une polémique avec le Journal de Paris, propose une réflexion sur la fonction originelle de la peinture et sur l’état des arts en France. L’auteur oppose la grandeur artistique du règne de Louis XIV, incarnée notamment par Le Brun, Le Sueur et Puget, à ce qu’il considère comme l’abaissement du goût sous Louis XV, dénonçant particulièrement la peinture de Boucher, de Troy, Restout et Coypel. L’ouvrage développe surtout une conception civique et morale de l’art. Nourri des réflexions d’Algarotti, Shaftesbury et Webb, l’auteur assigne à l’artiste une fonction qui dépasse la seule production esthétique : l’art doit former le goût, élever l’âme et contribuer à la formation du citoyen. L’artiste véritable doit ainsi être à la fois maître et éducateur, tandis que l’œuvre d’art participe à l’élévation morale du corps social. Comme le souligne Édouard Tillet, cette conception fait de l’art une véritable « propédeutique » civique et conduit à penser l’artiste comme un « artiste citoyen », capable de contribuer au rétablissement d’un idéal de vertu et d’« antique patriotisme ». Cette conception explique la virulence de la critique adressée à la peinture contemporaine : devant les oeuvres de Boucher et de ses contemporains, l’auteur ne déplore pas seulement une décadence esthétique, mais une véritable dégradation morale. À l’éloge des grands artistes du siècle de Louis XIV répond ainsi une réflexion sur les rapports entre beau, vertu et intérêt public, qui annonce certaines des conceptions morales et civiques de l’art développées à la veille de la Révolution. Bel exemplaire aux armes de Pavé de Vandeuvre. Quelques petites rousseurs. Édouard Tillet, « Quand même le peintre se devait d’être un citoyen : tentative d’analyse des discours sur les arts picturaux au siècle des Lumières », dans Sujet et citoyen ; Barbier, IV, 604.

Réf : 42587

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