Amsterdam et Paris, Delalain, 1770.
In-8 de XVI-237 pp., veau havane, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l’époque).
Édition originale publiée sans nom d’auteur, de l’une des deux principales réfutations physiocratiques des Dialogues sur le commerce des blés de l’abbé napolitain Ferdinando Galiani (1770), avec la réponse de Mercier de la Rivière (De l’intérêt général de l’État, 1770). Les premières lettres avaient paru dans les Éphémérides du Citoyen (vol. XII, 1769) avant d’être retouchées et augmentées. Les Dialogues de Galiani avaient déclenché une tempête : l’abbé napolitain y moquait avec esprit et méthode le caractère illimité de la liberté du commerce défendue par les physiocrates, profitant de la haine qu’avait l’abbé Terray, alors contrôleur général des finances, our les Économistes. Le gouvernement aida activement la diffusion du livre de Galiani, et quand l’abbé Morellet voulut publier une réfutation, son ouvrage fut immédiatement interdit. Roubaud put néanmoins paraître. Pierre-Joseph-André Roubaud (1730-1792), collaborateur des Éphémérides du Citoyen et du Journal de l’agriculture, du commerce et des finances, ardent partisan de Turgot dont il fut l’un des conseillers, « commente ligne par ligne les Dialogues pour en souligner les incohérences » tout en adoptant « un style léger et satirique dans la même veine que Galiani ». Il y défend la position physiocratique selon laquelle il ne faut pas hausser arbitrairement le prix des grains. La première lettre réfute les idées générales de Galiani sur le commerce des blés ; la deuxième juge les lois qu’il voudrait donner aux petites républiques comme Genève ; la quatrième cherche à réconcilier Zanobi avec les peuples agricoles ; la sixième plaide pour la liberté indéfinie du commerce des grains. Exemplaire à grandes marges. Coiffe de pied arasée. INED, 3924.
Réf : 9612
