A Londres (Paris), , 1767.
In-8 de (12)-XII-408 pp., demi-basane havane marbrée, dos lisse orné, pièce de titre en maroquin rouge, tranches rouges (reliure de l’époque).
Édition originale. Jean-Joseph-Louis Graslin (Tours, 1727 – Nantes, 1790), avocat au Parlement de Bretagne et receveur des finances de Nantes, figure de premier plan des Lumières nantaises, soumit cet essai au concours ouvert en 1766 par la Société royale d’agriculture de Limoges, concours que remporta le physiocrate Jean-Nicolas Guérineau de Saint-Péravy. Graslin décida néanmoins de faire paraître son mémoire, neuf ans avant les Recherches sur la richesse des nations d’Adam Smith (1776). « L’Essai analytique sur la richesse et sur l’impôt est à la fois une des plus brillantes critiques de la physiocratie et la synthèse d’une pensée systémique qui annonce l’économie politique sensualiste de la fin de l’Ancien Régime. L’auteur, qui raisonne en termes de besoins et d’utilité, décrit une économie d’échange généralisée dans laquelle les prix des biens et des facteurs sont déterminés par les offres et les demandes qui s’expriment sur leurs marchés respectifs. Refusant les logiques de circuit et de surproduit propres à Quesnay et ses disciples, Graslin définit un « équilibre » qui n’est pas sans rapport avec celui de la théorie contemporaine, mais dont les conditions de réalisation, poids des inégalités et formes de l’imposition, en font un concept normatif plus fort » (Arnaud Orain). Schumpeter soulignera plus tard que Graslin « dépassa ses contemporains dans sa vision sur l’incidence fiscale ». Bel exemplaire. Kress, 4142 ; Goldsmiths, 10266 ; Einaudi, 2683 ; INED, 2126 ; Higgs, 4142 ; Arnaud Orain (dir.), Jean-Joseph-Louis Graslin, 1727-1790 : le temps des Lumières à Nantes.
Réf : 5635

