Paris ; Londres, H.-L. Delloye, éditeur ; W. Jeffs, libraire, 1840.
In-8 de LI-(3)-412 pp., demi-toile verte, dos lisse orné de filets à froid, couverture jaune imprimée conservée (relié vers 1870).
Édition originale. Après plusieurs séjours en Angleterre, Flora Tristan entreprend en 1839, lors de son quatrième voyage à Londres, une vaste enquête sur la société anglaise et les effets de l’industrialisation. Elle observe les conditions de vie des classes populaires, le travail, les manufactures, les prisons, la prostitution, les quartiers pauvres, les Irlandais et les Juifs de Londres, mais également les chartistes, les femmes anglaises et les expériences de réforme sociale. L’ouvrage dépasse ainsi largement le récit de voyage : il constitue une véritable étude sociale de Londres au début de l’ère industrielle. La BnF classe d’ailleurs l’ouvrage sous la rubrique des conditions sociales à Londres au XIXe siècle. Flora Tristan considère l’Angleterre comme le laboratoire de transformations sociales appelées à gagner le continent. Son observation de la misère ouvrière et de l’organisation industrielle nourrit directement sa réflexion sur les rapports entre capital et travail, ainsi que son projet de réforme sociale. Promenades dans Londres constitue ainsi une étape essentielle dans l’élaboration de la pensée qui conduira, trois ans plus tard, à la publication de L’Union ouvrière (1843). « Sur les plans littéraire et sociologique, le meilleur livre de Flora Tristan, par sa composition, la rigueur de son étude, la sincérité de son témoignage » (Leprohon, p. 237). Bel exemplaire, avec la couverture sans mention d’édition, mais portant la mention deuxième édition sur la page de titre. Très peu de rousseurs. Maitron III, 472 ; Albistur-Armogathe, p. 283 ; Gay III, 876.
Réf : 44426


