Amsterdam, , 1761.
In-12 broché de 55 pp., couverture papier.
Édition originale de cette réponse anonyme à L’Inoculation du bon sens, publiée la même année. Sous couvert d’une adresse d’Amsterdam, ce pamphlet prend la défense de la nation française contre la violente satire de L’Inoculation du bon sens, attribuée à Nicolas-Joseph Sélis (1737-1802), parfois donné à Jean Soret (Barbier, II, 923), qui dénonçait la frivolité des Français, leur déclin moral et militaire et, plus largement, les effets du rationalisme et des nouvelles idées : « Toutes les nations nous lorgnent, pour observer nos papillotes, nos folies, & s’en moquer ; & nous avons encore la belle vanité de croire qu’elles nous admirent. On ne s’étonne pas que la France soit devenue la fable des nations dès lors que ses soldats posent des tapis dans les tranchées et ne savent plus distinguer entre la poudre à canon et la poudre de toilette ». Le catalogue de la bibliothèque Leber signalait déjà Le Contre-poison comme une « réfutation de la critique précédente », en précisant que cette pièce était « moins commune que L’Inoculation du bon sens ». La confrontation entre les deux textes offre un témoignage particulièrement intéressant sur les polémiques autour des moeurs françaises et de la philosophie des Lumières à la veille des années 1760. À la satire pessimiste de L’Inoculation du bon sens, Le Contre-poison oppose une véritable entreprise de réhabilitation nationale. Le titre même, construit sur l’antithèse entre le poison et son remède, donne au débat une forme polémique et presque médicale caractéristique de la littérature pamphlétaire du temps. Trace de mouillure marginale sur quelques feuillets. Catalogue de la bibliothèque de M. C. Leber, 1839, n°3695 ; Barbier, II, 923.
Réf : 43710
